MUDDY WATERS, le père du blues moderne de Chicago

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Muddy Waters est l'influence majeure du blues, du rock, de la folk, de la country et des plus grands musiciens contemporains. Figure historique du Chicago Blues, il est auteur, compositeur, interpète, chanteur, joueur d'harmonica et guitariste. Surnommé le "Père du blues moderne de Chicago", il a enregistré plus d'une cinquantaine de disques.

Naissance d'un immense talent

McKinley Morganfield nait à Rollig Fork dans le Mississippi le 4 avril 1913. Il dit être né en 1915 mais d’autres preuves suggèrent qu’il est né dans le comté voisin et deux ans après. Personne ne sait vraiment. Il est élevé par sa grand-mère qui lui donne le surnom sous lequel nous le connaissons, Muddy Waters, à cause de son état lorsqu'il avait joué dans la boue.

Il débute dans la musique grâce à l’église, il explique : « J'appartenais à l'église. J'étais un bon baptiste, je chantais dans l'église. Alors j'ai eu tous les bons gémissements et tremblements pour moi dès la sortie de l'église ». Ses célèbres grimaces sont le résultat de ces recherches de son pour avoir la voix qu'il désire.

A 17 ans, il achète sa première guitare pour 2.5$ en vendant le dernier cheval de la famille. Il joue de la guitare et de l'harmonica en imitant Son House et Robert Johnson dont il est fan.

Dans les années 30, Muddy accompagne Big Joe Williams à l’harmonica lors de plusieurs tournées dans le Delta.

Les premiers enregistrements

Waters enregistre pour la première fois dans une plantation du Mississippi avec Alan Loaw pour la bibliothèque du Congrès en 1940.

Il part pour Chicago, et, en 1943, il travaille dans une usine le jour et joue la nuit, espèrant devenir un musicien professionnel. Il se trouve une section rythmique et un harmonica pour former les bases du Chicago Blues. Son son reflète l’optimisme des Afro-américains d’après guerre, avec plus de peps que le blues contemporain.

En 1944, il abandonne la guitare acoustique pour l’électrique en expliquant : « Quand je suis entré dans les clubs, la première chose que je voulais, c'était un amplificateur. Personne ne pouvait t'entendre avec une acoustique ». Muddy signe son premier contrat en 1946 pour Columbia Records et passe ensuite chez Chess Records.

Sa popularité commence à décoller dans les clubs et "Rollin Stone" devient un succès la même année.

Le succès sans faille

En 1953, il enregistre avec un des groupes de blues les plus acclamé avec Little Walter Jacobs, Jimmy Rogers et Elgin Evans ainsi que, parfois, le bassiste Willie Dixon. En 1954, il accueille chez lui Howlin’ Wolf et Chuck Berry entre autres pour des jam sessions. Deux de ses musiciens vivent même dans son sous-sol.  En 1955, il aide même Chuck Berry à signer son tout 1° contrat

Les concerts de 1958 en Angleterre font découvrir le blues de Chicago. Là bas, la surprise est totale et Waters explique : "Ils pensaient que j'étais un Big Bill Broonzy [mais] je ne l'étais pas. J'avais mon ampli et j'allais faire un truc à Chicago. Nous avons ouvert à Leeds, en Angleterre. J'étais définitivement trop bruyant pour eux. Le lendemain matin, nous étions dans les gros titres du journal, «Screaming Guitar and Howling Piano" (guitare et piano hurlants).

En 1963, Muddy monte un autre groupe acoustique avec un guitariste encore inconnu, Buddy Guy. Puis, en 1967, il enregistre plusieurs standards du blues avec Bo Diddley, Little Water et Howlin’ Wolf.

Une renaissance compliquée...

L'année suivante, il enregistre « Electric Mud » afin de relancer sa carrière avec Rotary Connection, un groupe de soul psychédélique. Waters explique alors : « Ce disque "Electric Mud" que j'ai fait, celui-là était de la merde. Mais quand il est sorti pour la première fois, il a commencé à se vendre comme des sauvages, puis ils ont commencé à les renvoyer. Ils ont dit: "Ça ne peut pas être Muddy Waters avec toute cette merde qui se passe - tout ce wha-wha et ce fuzztone ».

En 1969, Muddy enregistre l'album « Fathers And Sons » avec Mike Bloomfield et Paul Butterfield, ses fans de longue date. C'est l'album le plus réussi de sa carrière commercialement et d'après les critiques.

L'année 1972 le voit remporter son premier Grammy Award, celui du meilleur enregistrement ethnique ou traditionnel pour « They Call Me Muddy Waters ». Cette même année, il retourne en Angleterre pour enregistrer avec des rockeurs anglais. Cette rencontre lui fait dire : « Si vous changez mon son, alors vous allez changer tout l'homme. [...] Mon blues a l'air si simple, si facile à faire, mais ce n'est pas le cas. Ils disent que mon blues est le blues le plus difficile au monde à jouer ».

La période 1977-1981 le voit sortir 4 albums produits par Jonnhy Winter devenu son ami, et qui lui font rencontrer un énorme succès commercial et critique.

Quand l'homme part, reste la légende

En 1982, c'est sa dernière représentation publique avec Clapton (qui est d'ailleurs son témoin lors de son deuxième mariage) en Floride. Ses problèmes de santé l’obligent à se calmer sur ses concerts et enregistrements. Muddy Waters meurt le 30 avril 1983 d'une insuffisance cardiaque dûe aux complications liées à son cancer.

Il a fait énormément de scènes avec ceux qu’il a influencés dans le blues, r&b, rock, folk, jazz et country. Personne ne peut nommer tous ceux qui se disent influencés par Muddy d'ailleurs ! Par exemple, "Rollin Stone", la chanson de Waters, est nomméé comme cela car pour lui : « dès le moment où la terre naquit, la musique aussi ». Ces pierres qui roulent signifient la collision entre les premières roches, ce qui a permis les premiers sons. C’est la référence qui a donné le nom des Rolling Stones.

Dans le même esprit, « Whole Lotta Love » de Led Zep est basé sur le morceau de Waters, « You Need Love ». Cette chanson écrite pour Muddy par Willie Dixon, n'en est qu'une parmi plusieurs qui ont connu le succès.

On prête 58 disques/albums à Muddy Waters. Musicien prolifique, ses chansons sont reprises par les plus grands nom contemporains tels que : The Doors, Clapton, Johnny Winter, Jimi Hendrix, Jeff Beck, Bob Dylan, Steppenwolf, Motörhead, Allman Brothers Band, Aerosmith, Jimmy Page And The Black Crowes, etc.

Muddy Waters a reçu plus d'une vingtaine de récompenses diverses, comme des noms de pâtés de maison, de rues, l'intronisation dans les Hall of Fame du Blues et du Rock and Roll, un Grammy pour l'ensemble cde sa carrière, 5 prix de la Fondation Blues, 6 Grammy en tout, etc.

A présent, suivez Sounds-Finder vous montrer les jouets de ce dieu du Blues...

Les guitares de MUDDY WATERS, le père du blues moderne de Chicago

La fameuse guitare achetée pour 2,50 $ est une acoustique Stella acoustique.

L’enregistrement très rudimentaire à la bibliothèque du Congrès est réalisé sur une Martin prêtée par Alan Lomax. Une photo de l’époque le montre également, jouant sur une guitare à résonateur dont il est malheureusement impossible de retrouver l’origine.

Lorsque Muddy reprend la route de Chicago, c’est avec une acoustique Silvertone 293/5 qu’il commence à jouer dans les rues et les petits clubs bruyants.

Mais, comme Sounds-Finder vous l’a expliqué plus haut, Waters se rend rapidment compte que pour être entendu il doit passer à l’électrique. La première est achetée en 1944 mais elle est volée juste avant ses premiers enregistrements pour Chess Records.

Pour la remplacer, Waters achète une Gretsch Synchromatic à laquelle il ajoute un micro DeArmond FHC. C’est cette guitare que l’on entend sur le fameux « Rollin Stone« .

Muddy passe alors à une Gibson Les Paul Gold Top de 1952 et ses micros P-90 entre 1952 et 1957. Cette guitare laisse des traces sonores sur plusieurs grands standards tels que « Got My Mojo Working« , « Turn The Lamp Down Low (Baby Please Don’t Go)« , et « I’m Your Hoochie Coochie Man« .

En 1957  il achète une toute nouvelle Télécaster blanche avec un manche en érable.  » The Hoss «  c’est ainsi que Muddy Waters l’appelle en 1961 après l’avoir faite repeindre en rouge pomme. Il fait également remplacer le manche par un autre avec une touche en palissandre. Tout comme les deux potentiomètres par ceux provenant d’un ampli Fender.

Muddy est photographié en train de brandir un archtop Harmony Monterey sur la couverture de son album « At Newport 1960« . Cependant, c’est sa Telecaster rouge que Waters joue pendant le morceau. L’archtop Harmony appartenait en fait à John Lee Hooker , qui a également joué dans le spectacle, accompagné du groupe de Waters.

La guitare acoustique / électrique Martin 00-18E de 1959 est l’arme de choix de Muddy à la fois pour l’album  » Folk Singer« , (avec Buddy Guy pour la deuxième guitare acoustique) et pour le Newport Folk Festival de 1968. Cette guitare est maintenant au Rock and Roll Hall of Fame Museum de Cleveland, Ohio.

Lorsque Muddy Waters joue au Carnegie Hall en 1965, il sort une Gibson SG Junior. Les autres guitares qu’il a jouées pendant les années 60 étaient les Guild Thunderbird S-200 de 1963 et 1966. La ’63 était en cherry sunburst, et la 66 était en grain ébène, les deux ayant des micros à simple bobinage.

Les amplis de MUDDY WATERS, le père du blues moderne de Chicago

Avant ses premiers concerts, il se bricole des ampis à partir de postes de radio. Puis, au début de sa carrière, Muddy Waters joue sur de petits amplis pour leur portabilité simplifiée.

Quant à sa fameuse guitare rouge, il a l’habitude de la brancher dans un ampli Fender Super Reverb est sa chouchoute jusqu’à sa disparition en 1983.

Le son en vidéos de MUDDY WATERS, le père du blues moderne de Chicago

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