ROBERT JOHNSON, le guitariste qui a vendu son âme au diable

Les signatures de ROBERT JOHNSON

Gibson Robert Johnson - parlor.guitars
Pour avoir le son de Robert Johnson, craquez pour la Gibson L-1 Signature Robert Johnson !

Les guitares de ROBERT JOHNSON

Comme pour toute sa vie, on ne sait que très peu de choses sur les instruments joués par Robert Johnson. Ce dont nous sommes certains, c’est qu’il se sert au moins d’une Gibson L-1 de 1928 (dont Keith Richards est un des très rares à avoir une copie exacte) et d’une Kalamazoo KG-14.

Cette légende et source d’inspiration pour Jimi Hendrix, Jimmy Page, Bob Dylan, Brian Jones, Keith Richards ou encore Eric Clapton est simplement le père des musiques dites "modernes" comme le rock n' roll ou la country. Maintenant que nous avons vu sur quoi joue ce mystérieux dieu de la guitare, Sounds-Finder vous propose de découvrir son parcours. Enfin, pour le peu que l'on en sache...!!

Une enfance pauvre et sur les routes

Robert Leroy Johnson nait le 8 mai 1911 à Hazlehurst, dans le Mississippi, aux Etats-Unis. Cette date, comme beaucoup de faits de sa vie, n'est pas certaine. Il vit une enfance particulière à suivre sa mère sur les routes et chez ses compagnons. Il quitte rapidement l’école à cause de problèmes de vue.

Robert s'essaie alors à la guimbarde mais l'abandonne rapidement pour l’harmonica. A la fin des années 20, il se met à la guitare et fabrique un support à son harmonica pour jouer des deux instruments en même temps. Il s’exerce particulièrement sur « How Long-How Long Blues » de Leroy Carr.

Les débuts d'une étoile filante

Malgré sa passion pour la musique, il est paysan lorsqu’il épouse sa femme qu’il perd lors de l'accouchement de cette dernière, à 16 ans, en 1930. Robert rencontre l'année suivante le joueur de blues Son House qui le ridiculise en parlant de son jeu de guitare. Furieux et (on le comprend !) vexé, il part voyager.

Il se retrouve alors sous l'aile d' Ike Zimmerman qui devient son mentor. Il se remarie et court les tavernes le week-end pour y jouer. Cet entraînement lui permet de se perfectionner et il rentre chez lui, fort de sa nouvelle petite notoriété.

Son pacte avec le diable

Lorsque Son House entend jouer ce "nouveau" Robert Johnson, il est extrêmement surpris des progrès de ce dernier. Robert comprend alors qu'il peut facilement créer un "buzz" du fait de ce retour surprenant et mystérieux. Il emprunte donc à Tommy Johnson une légende imaginée par ce dernier. Il explique qu'il s'endormait à un carrefour lorsque le diable est apparu, a accordé sa guitare et en a joué quelques notes. Ses prouesses instrumentales viendraient de cette rencontre.

Le vaudou étant alors en recrudescence, cette histoire de pacte avec le diable permet de créer une histoire « crédible » quant à ses progrès fulgurants.

Son jeu est alors adroit et véloce. Robert utilise les cordes basses pour créer un rythme entrainant et se sert beaucoup d’accords ouverts. Il est le premier à utiliser la ligne de basse typique du boogie-woogie. Sa voix, très haute, rend ses morceaux presque hypnotiques (un coup du diable encore ?).

Uniquement 29 titres...ou 30 ?

Robert se fait un nom sous les initiales R.L., et, ne voulant plus être paysan, il voyage dans tout le delta du Mississippi. Il se pose enfin à Helena où il rencontre Sonny Boy Williamson II, Howlin ‘Wolf , Elmore James ou encore Johnny Shines. D'ailleurs, ce dernier explique : "Nous étions sur la route des jours et des jours, sans argent et parfois sans nourriture, cherchant un endroit décent pour passer la nuit. On jouait dans des rues poussiéreuses et des bars crasseux, et tandis que j'étais à bout de souffle et me voyais vivre comme un chien, il y avait Robert tout propre comme s'il sortait d'une église le dimanche !".

Au milieu des années 30, il est musicien professionnel, jouit d’une certaine notoriété et cherche à enregistrer des disques. Sa première session s’étale sur trois jours dans une chambre d’hôtel. Robert enregistre 16 titres dont « Crossroad Blues » (repris par Cream), « Sweet Home Chicago » (repris par les Blues Brothers) et « Terraplane Blues » qui deviennent rapidement de grands succès en 1936.

Il continue avec 13 titres dont « Love In Vain «  (repris par les Rolling Stones) et « Traveling Riverside Blues » (repris par Led Zeppelin) en 1937.

Le premier du Club des 27...

Après un concert dans un bar, se sentant mal, Robert est amené chez un ami. Et, à partir de là, personne ne sait ce qu’il se passe. On dit qu’il aurait été empoisonné, qu’il aurait succombé à la syphilis ou à une pneumonie… Comme beaucoup de faits de sa vie, les versions sont multiples. Même l’emplacement exact de sa tombe demeure un mystère. Du coup, il en existe 3 aux Etats-Unis ! Il est déclaré mort le 16 août 1938  à Greenwood, Mississippi. Il est le premier du fameux Club des 27, les grands musiciens décédés à cet âge...

Parmi les plus célèbres, on peut citer des reprises par Clapton, les Allman Brothers Band, Johnny Winter, les Lynyrd Skynyrd, les Red Hot Chili Peppers, Hugh Laurie et les White Stripes.

Plusieurs albums lui sont dédiés comme celui de Clapton : « Me And Mr. Johnson ». Peter Green le suit avec « The Robert Johnson Songbook ».

Des récompenses posthumes

Robert Johnson est intronisé au Blues Hall Of Fame, à sa création, en 1980. En 1986, il entre au Rock n’ Roll Hall Of Fame et, en 2003, Rolling Stone le classe 5° meilleur guitariste de tous les temps.

En 1990, il remporte le Grammy Award du meilleur album historique pour le double-cd « The Complete Recordings ». Quant à ses titres « Crossroad Blues » et « Sweet Home Chicago », ils reçoivent un Grammy Hall Of Fame Award.

Keith Richards raconte que lorsqu'il entend pour la première fois un disque de Robert Johnson, en 1962, chez Brian Jones, il lui demande « Qui est-ce ? » Jones répond que c'est Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Richards insiste : « Non, je veux dire, qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ? » Jones lui dit que c'est Johnson lui-même. Il n'y a pas de second guitariste. Keith, très impressionné, s'exclame : « ce type doit avoir deux cerveaux ! ».

Son House, le grand musicien de blues, affirme que ce dernier était un joueur d’harmonica décent, mais un guitariste médiocre avant de disparaître quelques temps. A son retour, il était métamorphosé et était devenu un guitariste hors-pair !

Bob Dylan, le 12 juin 2020 déclare, quant à lui que : "Robert Johnson était l’un des génies les plus inventifs de tous les temps. Mais il n’a probablement, quasiment pas eu de public. Il était tellement en avance sur son temps qu’on ne l’a toujours pas rattrapé. Son statut ne pourrait pas être plus élevé qu’il l’est aujourd’hui. Pourtant, à son époque, ses chansons ont dû semer la confusion dans l’esprit des gens. Cela vous montre que les grands hommes suivent leur propre voie".

Vous voulez en savoir encore plus sur cette légende ? Voici un reportage (sous-titré en français) très intéressant déniché par nos rédacteurs. Bonne découverte !

Le son en vidéos de ROBERT JOHNSON

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