ELMORE JAMES, Le "Roi de la Guitare Slide"

Guitariste, auteur-compositeur, chef d’orchestre de blues et chanteur, Elmore James a le mérite d'avoir influencé les plus grands. Et, parmi ces derniers, on compte Keith Richards, Brian Jones, Franck Zappa, George Harrison, Rolling Stones, Alan Wilson des Canned Heat, Allman Brothers Band, Stevie Ray Vaughan et Albert King. Quant à Jimi Hendrix, à ses débuts, il se fait appeler Maurice James, puis Jimmy James, justement en hommage à Elmore James. D'ailleurs, une photo sur la pochette de son album blues montre Hendrix à Londres, tenant l'opus de James "The Best of Elmore James".

Naissance d'un roi

Elmore Brooks ou Elmore James nait le 27 Janvier 1918 dans le Mississippi. Il commence la musique à 12 ans avec un arc de Diddley. Il se produit sur scène dès ses 14 ans, inspiré par Robert Johnson, Kokomo Arnold et Tampa Red.

Après 5 ans de petits concerts dans des fêtes locales, tripots et bars mal famés, Elmore entame une réelle carrière quand il rencontre les grands maitres du Delta Blues, c'est à dire entre autres : Robert Johnson, Howlin' Wolf, Robert Jr. Lockwood et Sonny Boy Williamson II. Il part avec eux en tournée à partir de 1937. Cependant, Johnson meurt brutalement en août 38 laissant Elmore très marqué.

Sonny Boy, probablement parce qu’il est plus âgé, s’en remet plus facilement et arrive à l’entraîner avec lui. Après 2 ans dans la marine américaine pendant la 2° guerre mondiale et malgré une première alerte cardiaque, il reprend donc la route. A son retour de l’armée, il travaille dans un atelier électrique, où il créé son son unique avec un emplacement inhabituel des micros DeArmond. Il apprend alors qu’il souffre d’une maladie cardiaque.

Un style à part

A partir des années 1940, Elmore James développe un style très personnel. Et ce, grâce au ton unique de sa guitare acoustique à corps creux modifiée, qui ressemble à une version amplifiée des guitares à corps solide plus "modernes". Sa voix en falsetto presque stridente, son utilisation intensive de basses, son jeu de slide furieux, rageur et tranchant établissent sa réputation.

Sonny Boy le fait alors venir dans l’émission radio qu’il anime dans l’Arkansas et arrive à la convaincre de l’accompagner pour un enregistrement à Jackson en soliste. Cependant, celui-ci panique lorsqu'il le découvre et s’enfuit sans même graver la 2° face du 78 tours. Le disque sort pourtant sur le label Trumpet, c'est « Dust My Broom ». D'ailleurs, dans ce morceau, le riff a la réputation de n’avoir jamais pu être imité depuis.

La création du Chicago Blues

Elmore peut maintenant partir retrouver Howlin’ Wolf et Muddy Waters pour inventer avec eux le Chicago Blues.

Après quelques années dans les bars de Chicago, les succès se font rares. Une nouvelle alerte cardiaque surgit et des problèmes avec le syndicat des musiciens le contraignent à retourner dans le Sud.  Sa carrière semble pourtant repartir quand il réenregistre «It Hurts Me Too» et connait à nouveau le succès.

Chicago, ses clubs et ses musiciens l'accueillent de nouveau. Une nouvelle crise cardiaque lui est toutefois fatale quelques jours seulement après son retour. Alors qu’il s’apprêtait à faire une tournée en Europe où Eric Clapton, en bon fan, l'attend impatiemment. Nous sommes le 24 Mai 1963.

L'avis des autres

En 1959, Muddy Waters emmène le fan de blues belge George Adins voir James jouer à Chicago. Ce dernier en dira ensuite : "Elmore restera toujours le chanteur et guitariste de blues le plus excitant et dramatique que j'aie jamais eu l'occasion de voir se produire. En chemin, nous l'avons écouté à la radio pendant que Big Bill Hill diffusait directement depuis cet endroit. Je brûlais de voir Elmore James et avant même d'ouvrir la porte du club, nous pouvions entendre le son violent de la guitare d'Elmore. Bien que l'endroit était surpeuplé, nous avons réussi à trouver un siège près du kiosque à musique et le blues est tombé sur moi comme jamais auparavant. Regarder Elmore chanter et jouer, soutenu par un solide groupe de blues (Homesick James, JT Brown, Boyd Atkins et Sam Cassell) m'a fait me sentir très bien.

Portant des lunettes épaisses, le visage d'Elmore avait toujours un look expressif et dramatique, surtout quand il était vraiment parti sur le blues lent. Chantant avec une voix forte et rauque, il n'avait vraiment pas besoin d'un micro. Sur des blues lents tels que "I'm Worried" - "Make My Dreams Come True" - "It Hurts Me Too", sa voix a atteint son paroxysme et a créé une tension qui était indubitablement le blues down and out. Malgré cette voix brute, Elmore a chanté son blues avec un sentiment particulier, une émotion et une profondeur qui montraient son origine country. Son chant était ... nourri, renforcé par son propre accompagnement à la guitare qui était aussi rude, violent et expressif que sa voix. En utilisant la technique du goulot d'étranglement la plupart du temps, Elmore a vraiment laissé sonner sa guitare comme je n'avais jamais entendu de son de guitare auparavant. Vous ne pouviez tout simplement pas rester assis!"

Père de trésors

Surnommé le « Roi de la slide guitare », il est intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame en 1992. Son chant tendu jusqu'à la rupture et son jeu de guitare électrique au slide presque sauvage ont influencé de nombreux bluesmen qui ont peu ou prou repris ses manières et son répertoire. Il grave de nombreux chefs-d'œuvre qui vont devenir des standards du blues : "Sky Is Crying", "Anna Lee", "Done Somebody Wrong", "Twelve Year Old Boy", "Shake Your Money Maker" en plus de 30 albums.

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Les guitares de ELMORE JAMES

Rien n’est certain concernant le matos d’Elmore James. Il faut comprendre qu’à cette époque, il n’est pas habituel de produire un disque pour un bluesman, encore moins en live. Donc ne restent que quelques photos d’enregistrements…

On lui prête l’utilisation d’une Silvertone 1361, d’une Silvertone 1384 et une Kay acoustique avec un micro simple fiché dans la rosace et un second plaqué sur la table, très amplifiés, proches d’une saturation que l’on ne retrouvera que dans les années 60. Une douce saturation, parfois quelque peu épineuse, certainement générée par ses guitares cheap. Une sonorité peut-être accidentelle mais que toutefois il gardera tout au long de sa carrière.

On note d’ailleurs la présence d’un micro DeArmond Rhythm Chief 1000 sur le chevalet.

Les amplis de ELMORE JAMES

Au niveau des amplis, on a vu sur ces mêmes photos un Magnatone 280.

Il a également été supposé qu’il utilisait un ancien Gibson TwoTone (modèle GA-30)

Le son en vidéos de ELMORE JAMES

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