FRANCK ZAPPA, le passionné de découvertes sonores

Franck Zappa est un inventeur révolutionnaire de la musique contemporaine. Il a influencé les plus grands musiciens et sa légende continue de grandir dès qu'un débutant touche une guitare. En essayant de le classer, on peut le définir comme un compositeur, musicien, guitariste, producteur et satiriste américain. Mais aussi réalisateur de films et vidéos de musique et concepteur de pochettes d’albums. On lui connait plus de 60 albums.

Franck Vincent Zappa, nait le 21 décembre 1940 à Baltimore. Aîné de quatre enfants, son père est sicilien-libanais et sa mère franco-italienne. Dès sa jeunesse, il s’inspire des compositeurs classiques comme Edgard Varèse ( il le considère comme « le plus grand compositeur vivant »), Igor Stravinsky et Anton Webern. Mais aussi de musiciens plus contemporains, comme lorsqu'il explique avoir "presque tous les 45 tours de BB King".

Au lycée, il crée ses premières compositions classiques en jouant de la batterie dans différents groupes de R&B et passe à la guitare (qu’il ne quittera plus) avec le groupe The Mothers (diminutif de Motherfuckers) mais ce nom ne passe pas pour la maison de disque et devient les Mothers Of Invention.

Une technique différente chaque jour

Sa musique est non classifiable puisque ce sont en réalité des expérimentations faites dans divers styles. Il utilise beaucoup les mesures asymétriques (dont la rythmique écrite en 7/8 et 19/16 dans « Keep It Greasy ») et la polyrythmie (dont la rythmique 9/4 peut se diviser en 23/8). Il crée aussi des mélodies où le fond est une pentatonique en 4/4 tandis que la mélodie est polyrythmée et polytonale. Ses chansons ne sont jamais terminés puisqu’en perpétuelle création. Ainsi, il ne joue jamais le même morceau de la même façon.

Son premier album, enregistré avec les Mothers Of Invention, « Freak Out ! » parait en 1966. On pense alors à du rock de base mais l’opus est rempli d’improvisations et de collages sonores. A partir du deuxième, il produit tous ses albums lui-même.

Au fil des albums, Zappa définit sa musique comme une Continuité Conceptuelle, avec de nombreux thèmes musicaux différents comme les inspirations et styles. Il enregistre tous ses live et enregistrements studio tout au long de sa carrière et garde ces trésors dans son propre coffre familial.

Il critique toute sa carrière de façon satirique les institutions religieuses, la censure ainsi que le système scolaire. A contrario, il défend l’autodidactie, la liberté d’expression et l’engagement politique.

Accidents de travail

Le 4 décembre 1971, il joue en Suisse et un incendie se produit, il explique : « Quelqu'un dans le public avait lancé un cocktail Molotov ou une chandelle romaine vers le plafond en guise de feu d'artifice. Le revêtement en rotin a commencé à s'embraser. 2 500 à 3 000 jeunes étaient entassés dans la salle, bien au-delà de la capacité d'accueil. Dehors, pas mal d'autres essayaient d'entrer par tous les moyens, aussi les organisateurs avaient-ils astucieusement condamné les sorties de secours. Quand l'incendie a débuté, la foule n'avait que deux issues : la porte de devant, minuscule, ou les grandes baies vitrées côté scène ». La salle et le matériel du groupe sont détruits mais Zappa réussit à faire sortir tout le public dans le calme. On entend d’ailleurs le récit de cet événement dans le morceau « Smoke On The Water» des Deep Purple.

Zappa est ensuite bousculé dans la fosse à Londres par un spectateur mécontent de son show et doit rester en chaise roulante plus d’un an à cause de multiples fractures, il raconte : « J’ai fini par me remettre, mais ma jambe est restée un poil plus courte que l’autre, d’où ces années de douleurs chroniques dans le dos. Durant ma saison en fauteuil roulant, j’ai refusé interviews et photos, je voulais juste faire de la musique, et j’ai quand même pu réaliser trois albums : Waka/Jawaka, Just Another Band From L.A. et The Grand Wazoo ».

Le succès mondial

A partir de 1975, il enregistre et ne tourne plus qu’en solo. En 77, il enregistre Läther qui est un coffret à huit faces. D'ailleurs sur la radio KROQ, il le diffuse en intégralité alors que sa maison de disque a refusé de le sortir sur un unique support. En 1979, il crée son propre label, Zappa Records afin de ne plus dépendre d’autres.

Dans les années 80, il enregistre deux albums avec l’Orchestre Symphonique de Londres. Cette décennie est également marquée par sa nouvelle utilisation du synclavier et sa maîtrise des effets sonores. Il invente aussi la xénochronie dont il se sert sur plusieurs albums. Il s’en prend aux télévangélistes et au Parti Républicain Américain. Perfectionniste, lors de sa tournée de 1988, il exige que ses musiciens connaissent plus de 100 de ses compo.

Les années 90 confirment le travail sur ces nouveaux effets. Sa dernière production importante, « You Can’t Do That On Stage Anymore » est un opus en 6 doubles CD (13 heures d’écoute quand même !) qui rassemble toute sa carrière, tous ses groupes, toutes ses créations. Et la consécration personnelle lui viendra lorsqu’à Francfort l’Ensemble Modern joue son œuvre classique « The Yellow Shark ».

Il compose un opéra rock, « Joe’s Garage » qui inclut tous ses styles musicaux arrangés par lui-même. Il y critique vivement l’Eglise de Scientologie. C’est un véritable carton commercial.

Zappa aime l'humour et il est impossible de citer toutes ses bonnes vannes, mais en voici une réputée pour donner un exemple :  à un contradicteur porteur d’une jambe de bois qui, dans une émission de télévision, venait de lui asséner : "A en croire votre chevelure, j’en conclus que vous être une fille", il répondit du tac au tac : "A en juger par votre jambe, j’en conclus que vous êtes une table" !

Fin d'une vie mais pas d'une légende

Fin 91, sa fille Moon révèle que son père est atteint du cancer de la prostate. Il en décède le 4 décembre 1993 à Los Angeles.

Intronisé au Rock N’Roll Hall Of Fame en 95 par Lou Reed, il reçoit également un Grammy Award en 97 pour sa carrière. En 2002, le magazine Rolling Stone le classe 71° des cent plus grands artistes de tous les temps et 22° des cent meilleurs guitaristes.

Depuis 2006, Dweezil Zappa tourne avec son groupe et interprète les morceaux de son père.

Le président tchèque, Vaclav Havel dit de lui : « Avant 1989, il était admiré en tant que symbole de démocratie et liberté par beaucoup de gens en Tchécoslovaquie. ». Des statues à son effigie sont visibles à Prague, Bad Doberan et à Vilnius. Une rue berlinoise porte son nom et de nombreux hommages lui sont régulièrement rendus dans cette Europe qui l’a tant adulé.

 

Les guitares de FRANCK ZAPPA, le passionné de découvertes sonores

La première guitare de Zappa est une Fender Telecaster en location.

Il passe ensuite à la Jazzmaster.

Avec l’argent de la musique du film « Run Home Slow » il achète une Gibson ES-5 Switchmaster qu’on entend sur ses 3 premiers disques.

Puis il se met à la Gibson Les Paul Gold suivie d’une Gibson SG.  

Zappa joue également avec la Stratocaster que Jimi Hendrix a brûlé lors d’un concert. Retrouvée par un employé de ce dernier qui l’offre plus tard à Zappa, il la fait reconditionner avant de la passer à son tour à son fils, Dweezil. On l’entend dans le morceau « Zoot Allures« .

Zappa possède deux Stratocasters reconditionnées avec pré-ampli incorporés.

Il achète une copie de SG avec un manche qui montant jusqu’au Eb grâce à un fret en plus avec touche en ivoire.

Egalement une mini Stratocaster accordée en F# et 2 mini Les Paul accordées en A#.

On lui connait aussi une Martin acoustique, un bouzouki et une Fender 12 cordes.

Ses 5 guitares préférées sont

– la Les Paul que l’on voit dans « Shut’up ‘n Play Yer Guitar« ,

– la Stratocaster avec un floyd rose,

– la Stratocaster d’Hendrix qui contient un manche spécial « SG size »,

– la Télécaster US « Vintage » de ’76,

– et la copie de SG

Les amplis de FRANCK ZAPPA, le passionné de découvertes sonores

Comme ampli, Zappa aime jouer sur un Marshall 100 watts, un Carvin et un Acoustic chacun programmé avec un delay différent

Les effets de FRANCK ZAPPA, le passionné de découvertes sonores

Zappa est un des premiers guitaristes électriques à utiliser la Fuzz.

Pour la scène, il utilise trois Delay Digitaux MXR et deux Mic Mix Dynaflangers.

Le son en vidéos de FRANCK ZAPPA, le passionné de découvertes sonores

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