CARL PERKINS, le maitre du Rockabilly !

Les guitares de CARL PERKINS

Carl Perkins, en tant que maitre de la guitare, utilise le finger picking, le palm muting, les arpèges, les cordes à vide , les syncopes, les anticipations d’accords, le crosspicking, la flexion des cordes simples et doubles et le chromatisme.

Il est important de noter son riche vocabulaire d’accords avec des accords de sixième et de treizième, un neuvième et un ajout de neuf accords.

Vous avez donc du boulot avant de réussir à approcher le jeu du maître !! N’hésitez pas à nous envoyer vos vidéos où on vous verra progresser pas à pas !!! 😉

Concernant ses instruments, Carl Perkins joue sur Gibson Les Paul Gold Top ’52/’53 avec deux micros P-90 et un cordier « trapèze » à travers un petit ampli Fender lorsqu’il enregistre « Honey Don’t » avec The Perkins Brothers Band.

Il se sert aussi d’une Les Paul Gold Top ’55 avec un Bigsby.

Carl Perkins achète une Gibson ES-5 à 800 $ avec trois micros P-90 avec des commandes de tonalité et de volume séparées pour chacun. Il s’est également procuré l’un des amplis EchoSonic fabriqués à la main par Ray Butts. Cette guitare est actuellement exposée au Rock & Roll Hall Of Fame de Cleveland.

Il joue sur un G&L Broadcaster (rebaptisé ASAT Special en 85) enfilé avec les cordes Dean Markley Blue Steel 9-42. C’était apparemment sa guitare préférée par excellence. Ses amplis et pilotes préférés étaient le ’66 Fender Twin et le Fender Pro Reverb.

Il joue également sur  :

Le journaliste de www-the-jime.dk a demandé à Jerry Elston, qui faisait partie du road band de Carl Perkins , pourquoi ce dernier changeait de guitare tant de fois, et le point de vue de Jerry était le suivant :

« Il a changé plusieurs fois de guitare à la recherche d’un son et d’un look. Aucune guitare jusqu’à ce qu’il obtienne le G & L ne lui convenait vraiment à mon avis. Il utilisait différentes guitares pour différents sons. Il aimait le son des Strats mais n’aimait pas le micro central ou la configuration à trois commandes. Le pick-up l’a gêné parce que c’est là qu’il jouait le plus. La « zone de confort » comme il l’appelait. Les Tele lui ont donné une partie de ce qu’il voulait, mais le G & L a apparemment tout ramené à la maison. »  

Tout le monde connaît le morceau "Blue Suede Shoes" mais peu savent qui l'a réellement créé. Il s'agit d'un maestro de la guitare, auteur, compositeur et acteur qui écrit plusieurs standards de la musique populaire du XX° siècle. Ami de Johnny Cash et d'Elvis Presley, envié par beaucoup de musiciens, grand influenceur, Carl Perkins est un vrai génie du rock. Maintenant que Sounds-Finder vous a donné un aperçu de ses instruments, examinons un peu son parcours...

Naissance d'un musicien prodige

Carl Lee Perkins naît le 09 avril 1932 à Tiptonville au Tennessee. Il est issu d’un milieu agricole où il commence à travailler dans les champs de coton à partir de 6 ans. Parallèlement à cette activité, il apprend le gospel et, la nuit, écoute du blues sur des radios locales. Il demande alors une guitare à ses parents. N’en ayant pas les moyens, son père lui en fabrique une à partir d’une boite de cigares et d’un manche à balai. Carl joue sur cet engin jusqu’à ce qu’un voisin lui vende la sienne, une Gene Autry usée. Comme les nœuds qu’il fait sur ses cordes, ne pouvant pas les changer, lui coupent les doigts, il commence à plier les notes. Il apprend en autodidacte et avec le jeu rapide de Bill Monroe, entendu à la radio.

En 1946, il est animateur dans une taverne avec son frère où il commence à jouer autant qu’à se battre lors de combats occasionnels. Au début des années 50, avec ses frères Jay B. et Clayton, ils forment un trio de musique country, les Perkins Brothers et jouent dans les tavernes alentours. Carl travaille toujours la journée, en usine ou dans les champs de coton.

Les premiers enregistrements

En 1954, un single d'Elvis Presley le pousse à tenter sa chance auprès du patron de Sun Records. Ses premiers enregistrements sont des ballades. L'année suivante, ses chaussures en daim bleu tant aimées lui inspirent le tube "Blue Suede Shoes" qui devient un véritable hymne pour les jeunes. Sur la face B de ce disque, le hit "Honey Don’t" lui permet également de s’imposer dans les classements rhythm and blues, pop et country.

En mêlant le picking, la rapidité et ses accords de fou, il devient un véritable prodige de la guitare.

A l’apogée de son succès, en 1956, il est victime d’un accident de voiture dans lequel son manager décède. Il passe plusieurs mois hospitalisé à déprimer devant le succès d'Elvis qui reprend "Blue Suede Shoes".

Cette même année, Carl enregistre avec ses frères, le jeune Jerry Lee Lewis et un certain Johnny Cash est même présent en plus d’Elvis Presley. Ils font ensemble des impro et le producteur laisse alors les micros ouverts ce qui donne le titre « The Million Dollar Quartet » sorti en 1990. C’est lors de cette session qu’est enregistré « Matchbox », considéré comme un classique du rockabilly.

Le succès est là !

En 1958, malgré son alcoolisme chronique, Carl signe chez Columbia et sort un album de titres mineurs et de reprises. En 1962 et 1963, il effectue une tournée dans le Midwest et en Allemagne. Il passe une décennie dans les tournées de Cash, souvent en première partie et dans sa série télévisée "Johnny Cash Show".

En 1964, lors de sa tournée au Royaume-Uni avec Chuck Berry, les Beatles déclarent qu’il est une influence majeure pour leurs compositions. Ils reprennent 7 de ses chansons. Carl a toujours été repris, entre autres par Elvis Presley, Ricky Nelson, Eddie Cochran, Jimi Hendrix, Vince Taylor, Link Wray, et Eric Clapton.

Alors qu’il a quitté la musique, Carl participe au show de Johnny Cash qui connaît la même carrière que lui (allers et retours à la country, batailles contre l'alcool et les drogues). Il écrit « Daddy Sang Bass » pour son ami Cash qui remporte un grand succès en 1969. Il écrit également pour Bob Dylan et Arlene Harden.

Avec ses fils Stan et Greg, il forme un groupe et fonde son propre label, Suede.

Les années 80-90

Au début des années 80, grâce au rebond du rockabilly, Carl réalise des sessions avec Paul McCartney et se produit avec Jerry Lee Lewis, Cash et Roy Orbison. En 1985, il apparaît avec Georges Harrison, Clapton, Dave Edmunds, Lee Rocker, Rosanne Cash et Ringo Starr dans émission « Blues Suede Shoes : A Rockabilly Session ». La même année, il est acteur dans le film « Into the Night » de John Landis.

En 1987, il est intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame. Cinq ans plus tard, Carl est traité pour un cancer de la gorge. Pendant ce temps, il continue d’écrire, de s’occuper de ses restaurants et de sa fondation pour les enfants maltraités. Son dernier album, « Go Cat Go ! » qui sort en 1996 comporte de nouvelles collaborations avec Paul Simon, John Fogerty, Bono et les membres restants des Beatles.

Le 19 janvier 1998, Carl Perkins meurt des suites de son cancer après plusieurs mois de souffrance à 65 ans.

Des chiffres et des citations

Alors, Carl Perkins, c'est 10 albums studio, 6 albums live, des tas de collaborations et 3 albums gospel. Il est intronisé au Rockabilly Hall Of Fame, au Memphis Music Hall Of Fame, au Nashville Songwriters Hall Of Fame en 1985 et reçoit un Grammy Hall Of Fame Award. Il reçoit également un prix Lifetime Achievement en 2018 et "Blues Suede Shoes" est incluse par le National Recording Preservation Board de la Bibliothèque du Congrès.

Selon Charlie Daniels, "les chansons de Carl Perkins personnifiaient l'ère rockabilly, et le son de Carl Perkins personnifie le son rockabilly plus que quiconque y a participé, car il n'a jamais changé".

Paul McCartney déclare : "s'il n'y avait pas de Carl Perkins, il n'y aurait pas de Beatles".

 

Le son en vidéos de CARL PERKINS

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