STEVE CROPPER, le Colonel

Ce grand guitariste, auteur-compositeur et producteur continue ses contributions sur les albums des plus grands. Son jeu si simple et pourtant si particulier lui est propre. Steve Cropper, c'est l'amour de la délicatesse du son et du groove.

Naissance de la passion

Stephen Lee Cropper nait le 21 octobre 1941 dans le Missouri. Ses parents, professeurs, sont fans de country ce qui devient sa première influence musicale. Mais, lors de leur déménagement à Memphis lorsqu'il a 9 ans, il découvre son grand amour. Alors que tous les ados adulent un certain Elvis Presley, Steve se prend de passion pour le R&B et la soul.

Il écoute alors la radio WDIA qui diffuse des blues noirs et devient un grand admirateur de Chuck Berry, Bo Diddley, Ray Charles, The Platters et les Five Royales. Il raconte : "Bo Diddley avait le rythme et Lowman Pauling avait les notes". A 15 ans, Cropper s’achète une guitare pour 18$ et commence à jouer. Il explique : « J'avais pris assez de leçons pour apprendre les accords, mais j'étais trop impatient pour m'astreindre aux exercices… Peut-être parce que j'avais commencé si tard. J'aimais mieux jouer les airs à la mode que des petites choses comme "Little Brown Jug".

Une grande carrière est lancée

A cette époque, il aide à l’organisation du groupe appelé The Mar-Keys. Un des membres de ce groupe est le contrebassiste Donald Dunn, surnommé Duck qu'il connait depuis le collège et qu'il considère comme son frère. En 1964, ce dernier entre dans le groupe M.G.’s, le groupe de la maison Stax, avec un single à succès en 1961, « Last Night ». Steve devient l’un des principaux techniciens du son de la compagnie Stax. Encore aujourd’hui, il a cette fonction tout en enregistrant comme guitariste en solo et avec d'autres musiciens.

En 1969, Cropper sort son premier album solo, "With a Little Help From My Friends". Cette même année, il fait un album avec Pops Staple et Albert King.

Il est l’homme qui fait connaitre Otis Redding en collaborant avec lui. Il réussit à produire le sentiment que Redding voulait donner en choisissant les musiciens adéquats. Cropper dit : « Otis était absolument fantastique, un homme pur et un homme bon, à côté de qui on se sentait bien. Il était un des plus grands, N'importe quel bon musicien aurait voulu travailler avec lui. Il ne ménageait jamais sa peine. Il était toujours d'accord pour essayer de nouveaux « trucs » et pour coopérer pleinement. Souvent, nous restions à travailler toute la nuit de nouvelles chansons. Vraiment, il ne se rendait pas compte combien il était grand. » C’est lors d’une de ces soirées de travail qu'ils réalisent "(Sittin’ On) The Dock of The Bay", enregistré 4 jours avant la mort de Redding.

Les plus belles collaborations

Steve quitte Stax en 1970 et crée les studios TMI. Là, il produit entre autres, Tower Of Power, Rod Stewart, John Prine, José Feliciano, The Jeff Beck Group, Ringo Starr et John Lennon. Il joue aussi avec The Velvet Underground.

En 1975, Cropper reforme Booker T. & The MG’s avec lequel il est intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame en 1992.

A la fin des années 80, il rejoint The Blues Brothers Band avec lequel il fait plusieurs tournées mondiales. Il y incarne "Le colonel" dans le film "The Blues Brothers" accompagné de Duck. Ce dernier décède le 13 mai 2012. C’est Cropper lui-même qui l’annonce : « Aujourd'hui j'ai perdu mon meilleur ami, le Monde a perdu le meilleur gars et bassiste qui ait vécu. Duck Dunn est mort dans son sommeil dimanche matin, le 13 mai, à Tokyo au Japon, après avoir bouclé deux spectacles au Blue Note Night Club ».

En 1987, il fait un album avec Paul mc Cartney, Ry Cooder, Jeff Lynne, Jim Keltner et George Harrison. Il crée également 2 albums avec Félix Cavalière.

Beaucoup de travail et beaucoup de récompenses

On lui connait jusqu'à aujourd'hui 4 albums solo et plus de 50 albums où il a collaboré avec les plus grands. Il a aussi tourné 4 films : "The Blues Brothers" en 1981, "Satisfaction : Sam" en 1988, "Blues Brothers 2000" en 1999 et "Be Kind Rewind "en 2008. Son surnom, Le Colonel, lui vient de son rôle dans ces films.

Il est nommé 39° des 100 plus grands guitaristes de tous les temps par le magazine Rolling Stone. Le 12 novembre 2009, EMP / SFM remet à Cropper son «Founders Award». Le 17 octobre 2010, il est intronisé au Temple de la renommée des auteurs-compositeurs de Nashville. En 1996, Cropper est nommé "le plus grand guitariste vivant" par le magazine anglais Mojo.

Les guitares de STEVE CROPPER, le Colonel

Steve Cropper débute sur des Fender Esquire 1956

On lui connait ensuite l’utilisation de la Fender Telecaster blonde « Dock of the Bay »

On sait qu’il aime jouer avec un couple simple : la Fender Telecaster 52 ou 63 et l’ampli Fender Harvard.

Récemment il s’est mis à jouer sur une Telecaster signature Peavey même si historiquement la Telecaster 66/67 reste une Fender très utilisée par Steve Cropper.

Steve Cropper le répète depuis près de 35 ans : “la Telecaster offre une polyvalence énorme pour qui veut bien se donner la peine de chercher. Lors des sessions dans le studio Stax, la Telecaster a servi pour jouer tous les morceaux enregistrés de 1960 à 1967, qu’il s’agisse d’arpége, de riff ou de rythmique, clair ou crunchy, cette guitare dans sa configuration vintage (1948 à 1963) caractérise à elle seule le son du rock et du R&B de toute une époque… ».

 

Les amplis de STEVE CROPPER, le Colonel

Cet ampli Harvard a la caractéristique d’être monté avec un HP Alnico 5 Jensen et un jeu de lampes tout à fait spécifique : 2 lampes 6V6GT, 1 lampe 5Y3GT, 1 lampe 12AX7 et 1 lampe 6AV6

Par la suite, Steve utilise sur scène des Fender Super Reverb (« Soul man » est enregistré avec cet ampli) et des Twin Reverb 57 et/ou Black face … et ça suffit pour envoyer des buches. Comme il l’explique, son Fender Twin favori est celui avec les potentiomètres rouges et la grille en tissu gris : « The Twin », modèle construit de la fin des années 70 jusqu’à la fin des années 80, puissant et offrant un super grain, une reverb chaude et clean, ainsi qu’une large palette de réglage.

Le son en vidéos de STEVE CROPPER, le Colonel

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