SCOTTY MOORE, Le rock dans la peau

L’influenceur de Jeff Beck et Mark Knopfler, celui de qui Keith Richards dit : "Quand j’ai entendu "Heartbreak Hotel", j’ai su ce que je voulais faire de ma vie. C’était clair comme de l’eau de roche. Tout ce que je voulais faire dans la vie c’était être capable de jouer et de sonner comme ça. Tous les autres voulaient être Elvis, mais moi, je voulais être Scotty", c'est Moore.

Scotty Moore, c'est un nom, un pionnier, un influenceur, bref, un joueur de guitare incomparable.

Naissance d'un grand nom

Winfield Scott Moore III nait le 27 décembre 1931 dans le Tennessee dans une famille de cinq fils. Il découvre la musique par le jazz et la country et est un grand fan de Chet Atkins. Il apprend à jouer de la guitare à 8 ans avec sa famille et ses amis.

En 1948, sans en avoir encore l’âge, il entre dans la marine américaine pour y rester 4 ans. A son retour, il joue dans le groupe « Starlite Wranglers » lorsque Sam Philips lui présente Elvis Presley. Il est le guitariste du « King » pendant 14 ans, également son premier manager et consultant sur ses hommages.

Avec ce dernier, Moore joue avec les Gibson demi-caisse et ainsi place les bases du rock n’roll. Avant cela, il joue sur Fender Telecaster. Ce dernier, Bill Black et Scotty Moore forment le groupe « Blue Moon Boys » en 1954.

Le lancement d'une carrière prometteuse

Un de leur premiers enregistrements avec Elvis en 1954, « That’s All Right Mama » est aujourd’hui considéré comme la première pierre de l’édifice du rock. Les trois rockeurs font beaucoup d’enregistrements passés à la postérité et une tournée dans le sud des Etats-Unis.

Le batteur D. J. Fontana rejoint la formation. C’est à ce moment que la carrière d’Elvis décolle littéralement et la tournée continue dans tous les états. Ils font alors plusieurs shows tv et radio où Scotty se fait beaucoup et bien remarquer, comme dans les films d’Elvis.

En 1964, Scotty Moore sort son album solo « The Guitar That Changed The World ». C’est alors que Sam Philips le vire estimant que Moore a mis fin à son contrat puisqu’il joue en solo. Mais Scotty revient jouer avec Elvis dès 1968.

A la mort de son ami, Moore arrête toute prestation live jusqu’en 1992. Mais, pendant toutes ces années, il a beaucoup travaillé dans l’ombre. Il connait une grande carrière d’ingénieur du son pour Dolly Parton, Perry Como.

De nouveaux amis très célèbres

Bob Hope, Johnny Cash ou Jerry Lee Lewis entre autres. Il publie de nombreux ouvrages et collabore avec Ringo Starr et Carl Perkins sur leurs albums respectifs.

En 2001, il réalise une session filmée de « That’s All Right Mama » avec Paul Mc Cartney et DJ Fontana qui rencontre un grand succès.

Le DVD « Hommage Au Roi Du Rock N’Roll – Live At Abbey Road » parait en 2005 avec Scotty Moore qui reprend les tubes de Presley avec des guests comme Bill Wyman, Ron Wood, Eric Clapton, Mark Knopfler, David Gilmour et Albert Lee entre autres.

Des hommages innombrables

L’année 2007 le voit intronisé au Musicians Hall of Fame and Museum de Nashville en tant que membre des Blue Moon Boys. En 2009, au titre de musicien du « King », il est également intronisé mais cette fois, au Rock and Roll Hall of Fame de Cleveland.

Gibson parraine une grande fête en l’honneur de Scotty Moore en août 2013 pour la parution de son dernier livre et afin de promouvoir la sortie de 81 guitares signature Scotty Moore ES295.

Après de nombreuses alertes de santé, il meurt le 28 juin 2016 à Nashville.

Avec s, étudiez maintenant sur quel matériel Scotty Moore s'éclatait.

Les guitares de SCOTTY MOORE

Après avoir joué sur une Fender Esquire (ancêtre de la Télécaster) en 1951, Scotty Moore s’affiche aussi avec plusieurs modèles arch-top tels que les Gibson L-5 et la Super 400 CES.

Dans la lignée des autres fondateurs du rock n’roll, en 1953, il échange son Esquire (également jouée par B.B. King) contre une Gibson ES-295. Et c’est sur cette imposante guitare que Moore grave la totalité des soli de la première période d’Elvis jusqu’en juillet 1955.

La table de la ES-295 est composée d’un contre-placage d’érable et d’un chevalet en trapèze sur lequel les cordes viennent s’enrouler.

Les types de chevalets étaient assez pénibles à utiliser et, afin d’obtenir une meilleur tenue d’accords, Scotty Moore, modifie ce dispositif en faveur d’un chevalet Gretsch Melita Synchrosonic avec six pontets réglables.

En 1955, Moore décide  de changer de guitare. Il passe alors à la L-5 CES (Cutaway Electric Spanish), tout comme B.B. King encore, comprenant une table sculptée en épicéa.

En 1956, lorsqu’il signe un contrat avec Gibson, on lui fournit une Super 400 CES.

Les amplis de SCOTTY MOORE

Scotty Moore achète le EchoSonic construit par Ray Butts le 24 mai 1955, financé par la OK Houck Piano Co. à Memphis où ils lui ont donné 65 $ en échange de son 52 Fender Deluxe.

L’ampli de 25 watts comporte un système de retard de bande intégré qui permet de recréer le son d’écho slapback caractéristique. Scotty explique son coup de coeur : « Je ne me souviens pas du nom du disque, mais j’ai entendu l’un des instrumentaux de Chet à la radio. Sa guitare avait la même claque, mais c’était un peu différent de ce que j’avais l’habitude d’entendre Sam faire avec nous. J’ai dit: « Merde. Comment fait-il ça? « Alors j’ai vérifié et quelqu’un m’a dit qu’il avait un nouvel ampli que quelqu’un avait construit pour lui. Alors j’ai continué à creuser et finalement j’ai eu le nom du gars qui l’a construit et l’a appelé. Son nom était Ray Butts. Il vivait au Caire, Illinois. Il jouait de l’accordéon dans un petit groupe. C’était un génie de l’électronique. Il avait construit cet ampli pour un guitariste avec lequel il travaillait le week-end, expérimentant et essayant. Il sonnait bien donc il a amené, je suppose, celui-là à Nashville et l’a montré à Chet et il l’a aimé et en a acheté un. Je crois que le mien était le troisième. »

Moore fait ensuite concevoir par Ray deux enceintes supplémentaires de 50 watts à utiliser conjointement avec l’ampli principal servant de préampli, ce qui porte le total à 125 watts. Il explique alors : « J‘ai eu le premier système à haute puissance sur scène. Ce petit ampli ne fait que 25 watts et à mesure que la foule augmentait, vous ne pouviez pas l’entendre. Alors Ray m’a construit deux boosters de 50 watts avec quatre Lansing de 8 pouces. haut-parleurs dans chacun. Ensuite, je pouvais en placer un à chaque extrémité de la scène et les ouvrir largement et utiliser l’ampli principal comme un pré-ampli. J’avais donc 125 watts entiers, et vous ne pouviez toujours pas l’entendre ( rires) ».

Les effets de SCOTTY MOORE

L’ampli de Scotty Moore est muni d’une section d’écho fabriquée par Ray Butts. Utilisé avant lui par Chet Atkins, cet effet était un écho à bande, précurseur des célèbres Echoplex et dont les sonorités claquantes, que l’on appelle communément « Slapback« , son typiques du rockabilly.

Le son en vidéos de SCOTTY MOORE

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