DAVID GILMOUR, saint patron des Pink Floyd

Avec ses solos de « Comfortably Numb », « Time » et « Money » classés parmi les plus grands solos de l’histoire par Guitar World et l’ensemble même de sa carrière, David Gilmour a prouvé qu’il est un surdoué de la guitare. Multi-instrumentiste, hyper talentueux, beau gosse, cet auteur compositeur et interprète laisse tout le monde ébahi. Penchons-nous un peu sur le parcours de ce dieu vivant.

David Jon Gilmour est né le 6 mars 1946 à Grantchester en Angleterre. Son père est maître de conférence en zoologie et sa mère, enseignante et monteuse de film. Ils partent aux USA, le laissant en pension dès ses 5 ans. A 13 ans, il obtient sa première guitare acoustique sur laquelle il apprend à jouer avec une méthode de Pete Seeger. Il reste très solitaire et parcourt les routes au gré des petits groupes qu’il intègre.

Le premier groupe

Dès 1965, il joue dans un groupe comprenant Mervin Marriott à la guitare, Chris Marriott au chant, Albert Prior à la guitare, Clive Welham à la batterie, John Gordon à la guitare et au chant, Dick Parry au saxo et Richard Baker à la basse.

La composition du groupe est ensuite modifiée et il est rebaptisé The Joker’s Wild. Ils enregistrent un disque à une seule face de 6 morceaux, imprimé à seulement 50 exemplaires. Une copie en est conservée à la British Library. Le groupe se rétrécie jusqu’à arriver au trio avec Rick Wills et John Wilson qui rejoignent David lorsqu’il enregistre un opus solo.

A cette époque, il complète ses cachets de concert par du mannequinat à Londres. En 1966, il parcourt l’Europe en solitaire. Il passe l’été en Espagne. Ensuite, il s’arrête 3 mois à St Etienne en France où il joue dans un club. Puis, il recommence à Paris pour la même durée et la même raison. De cette époque, il raconte : « Mes parents m’ont offert une Telecaster pour mon 21ème anniversaire, alors que je vivais et travaillais en France« .

L’année suivante, après avoir voyagé et joué dans tout le pays, il chante sur la bande son du film « A cœur Joie ». En 1968, Nick Mason lui demande de rejoindre Pink Floyd pour aider puis finalement remplacer Syd Barett qui a des soucis comportementaux suite à ses troubles mentaux.

Pink Floyd sur les rails du succès

Malgré son immense talent de musicien, Gilmour galère pour écrire des chansons, mais doit cependant s’y résoudre sur l’album « Ummagumma » puisque chacun doit rendre un morceau solo.  Le monstrueux « Dark Side Of The Moon » sort en 1973. Les albums et les succès s’enchaînent mais l’entente entre David et Roger Waters s’étiole jusqu’en 1983 et l’album « The Final Cut ». Mason est remplacé par Andy Newmark et Richard Wright est viré par Waters pendant l’enregistrement de « The Wall ».

Gilmour sort son 2° album solo « About Face » en 1984 où on le retrouve accompagné de Steve Winwood, Jon Lord de Deep Purple, Roy Harper ainsi que Vicky et Sam Brown. L’année suivante, Waters abandonne Pink Floyd, persuadé que la gloire est derrière eux. David en reprend les rênes avec beaucoup de difficultés, il dira plus tard que Mason ne savait plus jouer et que Wright manquait trop. Il le réintègre donc pour le nouvel album « A Momentary Lapse Of Reason ».

Dissolution

En 1986, Waters va en justice afin de faire disparaitre le nom de Pink Floyd. Il perd le procès mais le groupe doit verser 40% des gains de chaque concert et album. En 94, le groupe se réunit au complet pour l’album « The Division Bell » et Gilmour part faire la tournée « P*U*L*S*E » avec Guy Pratt en remplacement de Waters. Ils se retrouveront cependant pour le concert Live 8 en 2005. Cette prestation augmentera de 1343% les ventes de l’album « Echoes : The Best Of Pink Floyd ».

En 2006, le groupe refuse de tourner aux USA, Gilmour explique : « Je pense que j’en ai assez. J’ai 60 ans. Je n’ai pas la volonté de travailler encore plus. Pink Floyd a été une partie importante de ma vie, je me suis amusé, mais c’est fini. Pour moi il est beaucoup moins compliqué de travailler seul […] Mes projets sont de faire mes propres concerts et d’enregistrer mes albums solos ».

Cette même année sort « On an Island » qui rencontre un franc succès mondial et est suivi d’une tournée et d’un DVD, « Remember that Night – Live at the Royal Albert Hall ». Un autre concert sort en audio et DVD en 2008 : « Live in Gdańsk ».

La fin d’un groupe au succès planétaire

C’est aussi l’année où Richard Wright décède, mettant un terme définitif à l’aventure Pink Floyd. Gilmour en est très touché. Il explique : « Parmi la multitude de questions que l’on se pose sur qui était Pink Floyd, Rick a été très souvent oublié. Il était doux, gentil, sans prétention et secret, discret et humble, mais sa voix et sa façon de jouer étaient vitales et ont fait la magie et la célébrité des chansons de Pink Floyd. Comme Rick, je ne trouve pas facile de m’exprimer en mots, mais je l’ai aimé et il me manquera énormément. Je n’ai jamais joué avec quelqu’un qui soit comme lui ».

Le groupe se retrouvera pour un concert de charité en 2010 et Gilmour chantera avec Waters lors d’un concert de ce dernier en 2011. Et, en novembre 2014, après vingt ans de silence, sort «The Endless River», le dernier album des Pink Floyd.

Une carrière et un don particulier

David, en dehors du groupe, est aussi répétiteur, ingénieur du son et producteur notamment de Syd Barrett, Paul McCartney, Kate Bush, Peter Cetera, Grace Jones, Tom Jones, Elton John, B. B. King, Seal, Sam Brown, Jools Holland, Bob Dylan, Pete Townshend, The Who, Supertramp, Levon Helm, Robbie Robertson, Alan Parsons.

Son jeu lead, dans un style inspiré du blues et du rock psychédélique est très singulier. Il joue beaucoup des bends, pre-bends et des dyades avec des notes tenues en sustain. On l’a aussi vu utiliser la Lap Steel, comme Ben Harper ou John Buttler plus récemment. Il s’amuse également avec la basse, le clavier, le banjo, l’harmonica, le cümbüs, la batterie et le saxophone.

En 96, il a été intrônisé au Rock and Roll Hall Of Fame. Et, en 2018, classé 6° meilleur guitariste de tous les temps par Rolling Stone. Il est également Meilleur  Joueur Fender de tous les temps par un sondage dans magazine Guitarist.

A présent, voyons un peu quel est l’arsenal de ce surdoué de la musique.

Les guitares de DAVID GILMOUR, saint patron des Pink Floyd

David Gilmour joue avec une multitude de Fender Stratocaster :

– Sa guitare principale, la « Black Strat », a été énormément modifiée au fur et à mesure des années. C’est une Fender Stratocaster (1969) sunburst, peinte en noire et un micro blanc, avec un manche de vintage 1957 reissue. Il vient de la guitare qu’il a utilisée lors de la tournée « About Face« .

La guitare inclut également un commutateur qui combine les micros manche et chevalet (à noter que la guitare a été brièvement équipée avec système de tremolo Kahler). La guitare a un micro Seymour Duncan ssl-5 en position « chevalet », un Fender Custom Shop de 69 en position « milieu » et un Fender Fat 50 en position « manche ». La sangle est celle qui a appartenu à Jimi Hendrix.

– La guitare qu’il utilise essentiellement durant les années post-Waters et notamment pendant les enregistrements de « A Momentary Lapse of Reason« , de « Delicate Sound of Thunder« , de « The Division Bell » et de « Pulse«  est une Fender Stratocaster Candy Apple Red ’57 reissue (fabriquée en 1984). Elle est équipée de micros EMG SA active avec les deux potentiomètres standards remplacés par des EMG SPC mid boost control, et un EXG expandeur treble/bass (qui coupe les médiums tout en stimulant graves et aigus). Pendant la tournée « On an Island« , la guitare est utilisée tous les soirs sur la chanson « Shine On You Crazy Diamond« .

Gilmour est le détenteur de la Fender Strat #0001 1954. Elle n’est pas la première Stratocaster fabriquée, mais la première commercialisée.

Il se sert également de :

– la Fender Stratocaster Couleur crème ’57 Reissue. Elle est utilisée pendant les tournées solo de 1984 et quelquefois pendant les années 1987-1990. Tim Renwick a joué sur cette guitare avec Pink Floyd au Live 8. Cette stratocaster est équipée des mêmes micros EMG que la Candy Apple Red ’57 Reissue.

– la ’57 Lake Placid Blue (Numéro de série #0040) qui est utilisée pendant les séances d’enregistrement de « The Wall« .

– la Double Neck Stratocaster (le corps de la guitare a été fabriquée par Dick Knight, mais le manche est un manche de Fender). Elle est utilisée pendant les lives de 1970-72.

– la Sunburst Stratocaster avec un manche ’63 rosewood et un corps ’59. Cette guitare a été donnée à David par Steve Marriott de Humble Pie et de The Small Faces. Bien que David n’ait pas assez aimé la guitare pour l’utiliser très longtemps, il en préfère le manche à celui de sa « Black Strat » et a donc inversé les deux.

– la White avec micro blanc qui est utilisée dans la fin des années 1960. Reçue en tant que cadeau par un groupe, elle est volée en 1970.

David Gilmour joue beaucoup également des Télécaster :

– la ’52 Butterscotch Reissues avec micro noir qui est utilisée entre 1987 et 1995. La première guitare a été réglée en Drop D pour jouer « Run Like Hell« . Il la règle ensuite en « normal » pour jouer « Astronomy Domine« .

– la ’59 Custom Telecaster qui a un corps couleur cendre sunburst. Elle est utilisée pendant la tournée « Animals« .

– la ’61 Telecaster est utilisée pendant les séances d’enregistrement de « The Wall« . Elle est vue pendant le concert en hommage à Syd Barrett en 2007.

– la 1960’s Corps Brown-faded qui est utilisée dans la fin des années 1960.

– la 1960’s Corps blond cendre avec un micro blanc. Elle est sa principale guitare pendant ses premières années avec Pink Floyd. Elle est perdue par une compagnie aérienne en 1968 lors d’un voyage, ce qui oblige Gilmour à acheter sa Telecaster Brown-faded.

– la Fender custom Baritone Telecaster noir avec le Fender system tremelo bigsby et micro Ron Ellis.

David Gilmour joue avec une collection hallucinante de guitares, Fender et autres. En voici d’autres :

– une Esquire, la ’55 Corps sunburst aka « The workmate Tele » avec juste le micro manche ajouté. Elle est utilisée pendant les séances d’enregistrement pour son premier album solo, pour « The Wall« , et pour les séances d’enregistrement de l’album « Rattle That Lock » et les tournées suivantes. Elle est également vue lorsqu’il joue avec Paul McCartney dans la fin des années 1990.

– les Lap Steel, dont :

– la 1950’s Fender 1000 twin neck pedal steel. Elle est achetée dans un magasin lorsque Gilmour était à Seattle en 1970. Utilisée pendant l’enregistrement de » One of These Days« , de « Meddle« , « Breathe«  et « The Great Gig in the Sky« .

– la Fender Deluxe Lap Steel. Elle est vue pour la première fois pendant la tournée « The Division Bell«  en 1994.

    – la Gibson EH150 Lap Steel guitar

Concernant les Gibson, Gilmour se sert de :

– la Gibson Les Paul Traditional Goldtop 1956 (micros P-90) avec un vibrato Bigsby.

– la Gibson ES-355,

– la Chet Atkins guitare,

– la Gibson 1980 J-200 Celebrity acoustic utilisée dans « High Hopes« ,

– la Gibson J-45 utilisée dans l’album « Atom Heart Mother«  en 1970,

– la Gibson 1959 Country Western acoustic,

– et, lorsqu’il entame « Another Brick In The Wall« , il se sert d’une Les Paul  Gold Top 1955 avec des micros P-90.

 

On peut voir jouer Gilmour sur bien d’autres modèles tels que :

– la Gretsch G6128T Duo jet,

la Bill Lewis 24-fret Guitar (utilisée sur « Meddle » et « Dark Side of the Moon« ),

– la Takamine,

– la Martin D-35,

– la Martin D12-28 12-string Guitare,

– la Martin D-18,

– la Taylor 712CE,

– la Guild F-512 « antique burst » 12-string,

mais aussi avec des Ovation telles que :

– la Ovation Legend 1619-4 steel string (utilisée pendant les séances d’enregistrement de « The Wall« )

– et la Ovation Legend 1613-4 nylon string guitar.

 

David Gilmour est multi-instrumentiste et, si l’on ne peut pas citer tous ses instruments, voici néanmoins les basses avec lesquelles on a pu le voir jouer :

– la basse Ovation Magnum utilisée pendant les séances d’enregistrement de « The Wall« ,

la Fender Bass VI,

la Fender Precision,

– la Charvel Fretless Fender Precision,

– la Music Man Fretless Stingray,

– et la Fender Jazz Bass.

Les amplis de DAVID GILMOUR, saint patron des Pink Floyd

Tout comme pour les guitares, David Gilmour se sert d’une foultitude d’amplis dont voici une sélection :

– le Hiwatt (main) DR 103 heads dans des cabinets WEM Super Starfinder 200 4×12  monté avec des micros Fane Crescendo,

– le Hiwatt Custom 100 Amplifier,

– le 1958 Fender Princeton,

– le Fender ’56 Tweed Twin amp (pour les petits concerts),

– le Fender Twin Reverb combos,

– le Fender Twin Reverb II 1983 105 W,

– le Fender Super Champ XD,

Mais aussi :

– le Mesa Boogie Mark II C+,

– le Alembic F2-B bass preamp,

– le Custom-built ‘Doppola’,

– le Gallien/Krueger 250 ML combo amp,

– le Selmer Stereomaster 100 W,

– le Maestro Rover,

– le Cabine Leslie 147,

– le Marshall 1 960 100 W,

– le Yamaha PE-200A Preamp,

– le Yamaha RA-200,

– le Magnatone 280-A 50 W combo,

– le Alessandro Bluetick Coonhound High-End,

– le Hiwatt SA212 combo,

– et le Hiwatt signature David Gilmour.

Les effets de DAVID GILMOUR, saint patron des Pink Floyd

Qui dit beaucoup d’instruments, dit beaucoup d’effets. Voyons donc quelques-uns des effets de David Gilmour :

– l’Electro-Harmonix/Sovtek Big Muff,

– le Vintage Electro-Harmonix Big Muff (au début des années 70 dans « Ram’s Head« ),

– l’Electro-Harmonix Electric Mistress & Small Stone phaser,

– le MXR Dyna-Comp,

– le MXR Phase 90 (utilisé sur « Have a Cigar« ),

– le MXR Phase 100 (utilisé en live et en 1977 dans le « In The Flesh Tour« ),

– le MXR Noise Gate/Line Driver,

– le Digital Delay System II,

– le Colorsound Power Boost,

– le Demeter Compulator,

– l’AnalogMan Sun Face,

– le TC-2290 Dynamic Digital Delay

Le son en vidéos de DAVID GILMOUR, saint patron des Pink Floyd

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