JOHN MCLAUGHLIN, le pionnier du jazz-fusion

Les guitares de JOHN MCLAUGHLIN

Avant Ritchie Blackmore, John est le premier à jouer avec une guitare à manche scallopé, c’est-à-dire au bois creusé entre les frettes. Cette guitare, inspirée du sitar, permet de réaliser des bends différents des ordinaires.

Pendant sa période Shakti il utilise une guitare scallopée à 13 cordes à partir d’une Gibson J-200.

Cette guitare acoustique à cordes d’acier sur mesure fabriquée par Abraham Wechter et Gibson comporte 2 niveaux de cordes au-dessus de la rosace: une configuration conventionnelle à six cordes et sept cordes enfilées en dessous à un angle de 45 degrés.  Ce sont des « cordes sympathiques« , accordables indépendamment, un peu comme celles d’un sitar ou d’une vînâ. La touche festonnée en forme de vînâ de l’instrument permet à McLaughlin de plier les cordes bien au-delà de la portée d’une touche conventionnelle. Ce dernier s’est tellement habitué à la liberté qu’elle lui a procurée qu’il a fait festonner le manche de sa Gibson Byrdland .

John McLaughlin joue avec une foultitude de guitares, parmi lesquelles :

– la Gibson EDS-1275, avec laquelle McLaughlin joue entre 1971 et 1973, pendant ses premières années avec l’ Orchestre de Mahavishnu. C’est la guitare qui, amplifiée par un amplificateur Marshall de 100 watts « en mode fusion », produit le son signature de McLaughlin salué par Guitar Player comme l’un des « 50 plus grands sons de tous les temps »,

– la Godin ‘Fretless Nylon‘,

– la 1968 Fender Stratocaster Reissue,

– la 1976 Gibson 345 avec Bigsby,

– la 1978 Gibson Johnny Smith avec Bigsby,

– la 1985 Abraham Werchter Acoustic Cutaway,

– la Custom Made Double Neck par Paul Reed Smith Guitars,

– la guitare d’Abraham Wechter « Our Lady »,

– la guitare Shakti construite pour John par le maître luthier Mirko Borghino,

– la Gibson 1958 Les Paul Custom Reissue avec Bigsby

– il utilise également plusieurs Ovations

 

Les amplis de JOHN MCLAUGHLIN

Nous l’avons vu, John affectionne les amplis Marshall.

Cependant, dans les années 90, McLaughlin échange son ampli Marshall pour un Sony DPS-M7 Digital Sonic Modulator, remplacé ensuite par un système utilisant une guitare Godin branchée en MIDI avec le logiciel Logic Pro.

Les effets de JOHN MCLAUGHLIN

Concernant les effets, John McLaughlin nous explique sur son site www.johnmclaughlin.com :

 » Comme vous pouvez le voir, il existe trois préamplis à lampes. Dans la plateforme, vous verrez le Zen Drive avec lequel j’ai enregistré récemment, mais au-dessus, vous verrez le Seymour Duncan Twin Tube que j’aime aussi beaucoup, et à droite l’un de mes plus anciens favoris, le Mesa-Boogie V-Twin. Je les aime tous et cela dépend vraiment de l’humeur dans laquelle je suis dans lequel j’utilise. Au milieu de ces deux, vous verrez un prototype du nouveau midi sans fil pour guitare qui a été inventé par Andras Szalay et est distribué par Fishman Associates.  »

Maintenant que vous avez vu le matériel très particulier de ce géant de technique guitaristique, Sounds-Finder vous explique son parcours. John McLaughlin dit "Mahavishnu John McLaughlin" est un guitariste, chef d’orchestre et compositeur anglais. Il est le pionnier du jazz fusion. Il maitrise la guitare, le piano, le violon et le sitar entre autres instruments.

La naissance d'un maestro de la guitare

Il nait le 4 janvier 1942 à Doncaster (Angleterre) dans une famille de musiciens. John étudie le violon et le piano dans son enfance et commence la guitare à 11 ans en allant du flamenco au jazz.

Il débute sa carrière de musicien professionnel au sein des formations de Duffy Power, Graham Bond et Georgie Fame qui jouent du R&B, du be-bop et du blues. Il donne même des cours de guitare à Jimmy Page dans les années 60 ! Il enregistre également à l’occasion pour David Bowie et les Rolling Stones.

En 1968, avec son vieil ami Jack Bruce, ils enregistrent l’album « Things We Like » qui lui permet d’aller aux Etats-Unis. L'année suivante, son album « Extrapolation » sort, avec John Surman (saxo), Brian Odgers (basse) et Tony Oxley (batterie). Parallèlement, il rejoint le nouveau groupe du batteur, The Tony Williams Lifetime avec Larry Young.

L'envolée vers une carrière exemplaire

Le tournant dans la carrière de John vient de l’enregistrement de l’album de Miles Davis « In The Silent Way » puisqu'il devient alors un acteur essentiel du jazz-rock.

En mars 1969, il rencontre Jimi Hendrix avec lequel il passe de nombreuses heures à réaliser des jams dont il ne reste qu’une demie heure d’enregistrée. McLaughlin se souvient : "nous avons joué un soir, juste une jam session. Et nous avons joué de 2 à 8 heures du matin. Je pensais que c'était une expérience merveilleuse ! Je jouais une guitare acoustique avec un micro et Jimi jouait de l'électrique. Ouais, quel beau moment ! S'il vivait aujourd'hui, vous découvririez qu'il emploierait tout ce qu'il pourrait se mettre lsous la main, je veux dire guitare acoustique, synthétiseurs, orchestres, voix, tout ce qu'il pourrait mettre la main dessus, il l'utiliserait ! ".

Il enregistre ensuite « Emergency ! », le premier album de Tony Williams Lifetime  et « Bitches Brew » de Miles Davis, deux albums majeurs.

Les années 70, hyper prolifiques

Sous l’influence de Jimi Hendrix, John utilise divers effets, fait nouveau pour lui. En 1970, sort son 2° album solo « Devotion » dans lequel il mélange les harmonies du jazz moderne avec le son et les rythmes du rock. Un an après, il publie un album acoustique avec Jerry Goodman, David Liebman, Charlie Haden et d’autres grands musiciens. Avec eux, il grave deux longues plages modales préfigurant la fusion entre le jazz et les musiques du monde qui explose plus tard.

Au début des années 70, John forme le Mahavishnu Orchestra qui sort deux albums considérés comme des classiques du jazz-rock : « The Inner Mounting Flame » et « Birds Of Fire ». Leur musique contient une virtuosité technique combinée à une écriture complexe : les mesures impaires et la polytonalité sont présentes sur une majeure partie.

En 1972, il enregistre, avec Carlos Santana, « Love Devotion Surrender » qui est suivi d’une tournée. L'année suivante, des problèmes apparaissent au sein de son groupe. John ne sort alors pas leur troisième album qui parait finalement en 1999, « The Lost Trident Sessions ».

Du travail, toujours du travail...

En 1974, John remanie le groupe mais ce dernier se sépare après des échecs commerciaux car les albums sont moins inspirés et décevants. Un an plus tard, il laisse sa guitare électrique pour se concentrer sur la musique indienne. Il fonde Shakti et publie trois albums. Il joue alors sur une guitare avec un manche scallopé possédant des cordes sympathiques la rapprochant du son du sitar. Les trois albums suivants démontrent l’appropriation de cette musique par John.

En 1978, il sort un résumé de sa carrière dans « Electric Guitarist » avec Santana, Jack Bruce et Tony Williams. Il crée la même année le One Truth Band et enregistre un seul album avec eux. Suit le disque "Trio Of Doom" avec Jaco Pastorius et Tony Williams. Cependant, les troubles mentaux de Pastorius apparaissent et le trio se sépare. Leur seul album enregistré sort en 2007.

Les années 80-90, toujours très occupées

En 1983, John collabore avec Paco De Lucia et Al Di Meola. Ce trio publie « Friday Night In San Fransisco », qui est un immense succès commercial, d'une grande virtuosité technique. En 1986, il participe au film « Autour De Minuit » de Bertrand Tavernier. 2 ans plus tard, il enregistre « Mediterranean Concerto » en soliste avec le London Symphony Orchestra.

Il publie un hommage à Bill Evans, en 1993, avec un quatuor de guitares, puis un autre en hommage à John Coltrane. En 1995, il reprend le concept de l’album « Electric Guitarist » avec des invités de marque tels que Jeff Beck. L'année suivante, il effectue une tournée mondiale et réalise un album avec Al Di Meola et De Lucia, "The Guitar Trio".

Et les années 2000 alors ?

En 2000, John enregistre une partition de ballet « Thieves And Poets » et des arrangements pour un ensemble de guitares classiques de jazz ainsi que trois dvd de vidéos pédagogiques. En 2006, son album de fusion post-bop et jazz « Industrial Zen » où il expérimente la Godin Glissentar parait.

En 2007, John réalise des sessions d'enregistrement de son nouvel album et commence à tourner avec La 4° Dimension, un quatuor de jazz fusion. Il enchaine avec une tournée et un live « Official Pirate : Best Of The American Tour 2007 ». Il sort aussi une nouvelle vidéo pédagogique.

L'année suivante, avec Chick Corea et d’autres grands noms de la musique, il fait la tournée « Five Peace Band » qui est suivie d'un double album.

Une pluie de récompenses et d'hommages

En 2010, Jeff Beck déclare : "John McLaughlin nous a donné tant de facettes différentes de la guitare. Et a introduit des milliers d'entre nous à la musique du monde, en mélangeant la musique indienne avec le jazz et le classique. Je dirais qu'il était le meilleur guitariste vivant".

McLaughlin est considéré comme une influence majeure sur les compositeurs du genre fusion. Dans une interview, Chick Corea fait remarquer que "personne n'a jamais entendu une guitare électrique jouer comme ça auparavant, et cela m'a certainement inspiré. L'expérience avec Miles, m'a amené à vouloir augmenter le volume et à écrire de la musique plus dramatique et qui vous mettait les cheveux debout".

En 2018, John remporte un Grammy Award du meilleur solo de jazz improvisé sur « Miles Beyond » ainsi que de multiples prix de guitariste de l’année et de meilleur guitariste de jazz. Il est classé 49° des 100 plus grands guitaristes de tous les temps par Rolling Stone. En 2017, il reçoit un doctorat honorifique en musique du Berklee College Of Music.

John McLaughlin, c'est 25 albums en tant que leader et un style très particulier. Son jeu, c'est une vitesse agressive, une grande précision technique et une sophistication harmonique. Il utilise des échelles non occidentales et des signatures de temps non conventionnelles.

Le son en vidéos de JOHN MCLAUGHLIN

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