BEN HARPER, le génie du slide

L’équipe de votre webzine préféré a eu la chance de voir ce génie en live au Mainsquare Festival cet été. Eberlués, hallucinés, stupéfaits, Ben Harper nous a laissé rêveurs et scotchés par sa monstrueuse maîtrise de la technique de la guitare.

Ses musiques d’influence sont le folk, le blues, le gospel, le rock, la funk et le reggae. Son jeu est basé sur ses guitares Weissenborn et Lapsteel ainsi que sur sa maîtrise du slide. La guitare sur les genoux, cordes vers le haut et le slide bar qui presse les cordes, voilà son style. Tout comme John Butler, il pratique également le jeu au bottleneck. Ses deux techniques amènent un son subtile et métallique.

En outre, il joue rarement électrifié sauf sur quelques morceaux lorsqu’il veut rendre hommage notamment au rock des années 70. On l’a vu aussi jouer sur du synthé-basse.

Naissance d’un mythe

Benjamin Charles Harper est né le 28 octobre 1969 à Claremont en Californie.

Il commence la guitare dès l’enfance sur une acoustique Weissenborn en imitant Robert Johnson. Il grandit au milieu des grattes et banjos grâce à ses grands-parents qui ont fondé en 1958 The Folk Music Center and Museum à Claremont.

Avec un ami gratteur, Tom Freud, en 1992, il enregistre son 1° LP « Pleasure and Pain » qui attire l’attention des producteurs. Ben Harper signe donc avec Virgin Records pour son 1° album « Welcome to the Cruel World », qui est très bien accueilli. Sa première scène suit en 1993 à Rennes, en France.

En 1995, l’album « Fight For Your Mind » est plus mature et engagé politiquement. C’est grâce à son 3° album « The Will to Live » que le grand public le découvre réellement ainsi que son groupe, The Innocent Criminals avec Juan Nelson à basse, Leon Mobley aux percu et Olivier Charles à la batterie.

Jouer dans la cour des grands

Les années suivantes sont des années de tournée mondiale avec plusieurs coopérations telles que R.E.M., Pearl Jam, Radiohead et John Lee Hooker. En même temps, arrivent Dean Butterworth à la batterie et David Leach aux percu.

L’album de 1999 « Burn to Shine » est un grand succès. Peu après l’opus « Live From Mars » enregistré en tournée avec le groupe Dave Matthews Band reçoit, lui aussi une très bonne critique.

En 2003, Ben Harper sort « Diamonds on the Inside » et, ce faisant, approche du reggae et du funk avec la participation de Al Anderson et de Ladysmith Black Mambazo. C’est le premier album que produit Ben. S’ensuit une tournée mondiale où s’ajoutent Jason Yates au clavier et Marc Ford en second guitariste.

Ensuite sort un album plus axé sur le Gospel, « There Will Be A Light » avec la participation de The Blind Boys Of Alabama.

Après la tournée de « Both Side Of The Gun », Ben et les Innocent Criminals partent en studio à Paris et enregistre en 7 jours « Lifeline ». En 2008, il se sépare de ce groupe pour rejoindre les Relentless7 avec lequel il enregistre un album plus rock, « White Lies For Dark Times ».

Le temps des changements

Ben Harper crée un nouveau groupe en 2010, les Fistfull Of Mercy avec lequel il enregistre un nouvel album. C’est ensuite un opus solo qu’il sort en 2011, « Give It ‘Till It’s Gone ». Cependant, les Relentless7 y ont pris part ainsi que Ringo Starr sur deux morceaux.

Ben Harper sort une compilation de ses balades favorites en 2012 « By My Side » avec deux inédits. L’année suivante, c’est au tour de l’album « Get Up ! ». Puis, en 2014, un album où il chante avec sa mère, sans aucune électrisation instrumentale, c’est « Chilhood Home ».

A partir de 2015, Ben Harper revient avec les Innocent Criminals pour l’album « Call It What It Is » et continue ses tournées à travers le monde. Et, en 2018 sort l’album « No Mercy In This Land« .

Ben Harper a sorti plusieurs DVD, un sur sa philosophie de tournée et d’autres live.

En 1996, il épouse Joanna Harper qui lui donne deux enfants, Charles Joseph en 1997 et Harris en 2000. Le couple divorce en 2001 mais Ben, se remarie en 2005 avec Laura Dern. Il a à nouveau 2 enfants, Ellery Walker et Jaya. Un dernier arrive en 2017 avec sa nouvelle épouse, Jaclyn Matfus.

Les guitares de BEN HARPER, le génie du slide

Ben Harper étant un grand collectionneur de guitares, nous ne pouvons toutes les lister. Nous vous présentons donc les plus rares, les plus marquantes, les plus utilisées.

Les Weissenborn sont fabriquées par un émigré allemand aux Etats-Unis, Hermann Weissenborn, à la fin des années 20. Ce sont des guitares slides hawaïennes très légères.

 » J’ai longtemps essayé de jouer du bottleneck a la guitare et je ne trouvais pas un style personnel. Ce n’est qu’avec la Weissenborn que je l’ai découvert. Elle seule exprime l’essence et la profondeur de mes racines […] Avec le slide, on peut atteindre des sensations quasi-harmoniques […] Je continue a utiliser mes Weissenborn, sur l’intro de Please Bleed, je sentais que son feedback était approprié. Mais mes grattes commençaient à être fragiles. J’en ai qui sont customisées, un peu plus solides mais elles sont maltraitées en tournée. »

Les Lap-slide sont acoustiques et les Lap-steel sont plus souvent électriques.

Elles sont fabriquées en bois de Koa, avec un manche carré creux et sans fret. On les joue couchées, à plat sur les genoux.

« La Weissenborn classique date des années 1920-1930. Weissenborn n’en a plus faits après. C’est l’une de mes premières. Il y a la marque de mon bras laissée par la sueur. Le manche est très usé, il y a presque un trou. C’est avec celle-ci que j’ai grandi et que j’ai le plus souvent enregistre (Welcome To The Cruel World, Give A Man Home, God Fearing, Ground On Down…). Elle a un manche creux de bout en bout. Elle n’a pas de frette […] Son manche est trop épais pour en jouer avec un bottleneck en posture classique. On a du mal a atteindre la douzième frette, ce qui est gênant. »

Sa Weissenborn Teardrop et quant à elle plus évasée, en forme de goutte. Elle a un manche creux.

Une autre acoustique a été conçue spécialement pour Ben Harper, la Dart. En forme de goutte, avec un fond bombé et un manche creux, c’est une copie de Weissenborn, créée par David Dart.

Il possède également une guitare qui est un mélange entre une Les Paul et une Weissenborn, fabriquée par le luthier Bill Asher. C’est la Asher Lap Steel. On sait qu’il en a aussi deux modèles extrêmement rares, la Classique et la Koa. Cette dernière a un manche mi-creux, mi-normal, on peut lui abaisser le sillet afin de jouer grâce aux frets, sur tout le manche. Le chevalet est plus long et plus large.

A noter que Maton a construit plusieurs guitares semi-acoustiques à son nom. Elles sont avec un manche creux, une table en blackwood massif percées d’ouïes en F. Les micros magnétiques et piezzo-électriques sont possibles sur ces modèles. Les bobines sont modifiées pour obtenir un son plus clair et augmenter le niveau de sortie. Ben peut frapper franchement les cordes – même avec un accordage bas – sans qu’elles viennent heurter la bobine en « U ». Les micros magnétiques génèrent une excellente disto. Chacune est conçue avec trois essences de bois australiennes : queensland maple, blackwood et bunya.

Dans le rayon guitare folk, on lui connait plusieurs instruments :

  • Une Gibson LG-2 des années 40 sur laquelle il a changé les mécaniques et ajouté un micro Sunrise dans la rosace.
  • Une Martin 0018 de 1958, sa préférée : « Si on me volait ma guitare préférée – une Martin des années 50 -, je crois que j’en mourrais. »
  • Mais aussi une Nationale Tricorne qui est une guitare à trois résonateurs,
  • Une Gibson LG-1 des années 30,
  • Une J-45,
  • Une J-160 des années 50,
  • Une Maton ECW80 pour la scène en version customisée : la caisse contient un micro/preamp system AP et est en érable.

La première Lap-steel de Ben Harper est une Rickenbacker Electro des années 30.

Pour les électriques, on lui compte :

Les amplis de BEN HARPER, le génie du slide

Ben Harper utilise plusieurs amplis dont les :

Les effets de BEN HARPER, le génie du slide

Le son en vidéos de BEN HARPER, le génie du slide

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