ANGUS YOUNG, le lycéen énervé

Angus Young est reconnaissable de par son costume d’écolier, son fameux « Duckwalk » (inspiré par Chuck Berry) et son énergie débordante. Il a été intronisé avec son groupe AC/DC en 2003 dans le Rock And Roll Of Fame. Et, dans le même temps classé 24° meilleur guitariste de tous les temps par le magazine Rolling Stone. Ainsi que 11° par le magazine français Guitar Part en 2005.

L’histoire d’Angus Young

Angus Mc Kinnon Young nait à Glasgow le 31 mars 1955 dans une famille de 6 frères et une sœur. Et, tous sont musiciens. Ils déménagent en Australie en 1963, sauf l’aîné de la fratrie, Alex, qui reste au pays.

Margaret, sa sœur, l’emmène assister à un concert de Louis Armstrong alors qu’il n’a pas encore 8 ans. Il connait alors Chuck Berry ainsi que Little Richard et c’est le déclic. Il bricole du coup un banjo et se met à jouer. Sa mère lui offre ensuite une guitare acoustique d’occasion en 1970.

Enfin, il parvient à s’offrir celle de la marque qu’il gardera comme référence toute sa carrière: sa première Gibson SG, de laquelle il dira : « Je suis allé m’acheter une Gibson SG sur laquelle j’ai tellement joué qu’elle a pourri à force de sueur et d’eau. Le manche s’est tordu. Elle était d’occasion, un modèle de 1967 ».

Avec son frère Georges alors leader des « Easybeats », ils comprennent que le rock peut leur éviter une carrière inéluctable pour la classe moyenne australienne, l’usine. Le benjamin Young passe alors ses journées à la bibliothèque. Tout ça pour connaitre les grands noms du blues, notamment Muddy Waters. Il est influencé par Leslie West, Keith Richards, B.B. King, Georges Harrison, Jimi Hendrix…les noms célèbres du blues et du rock.

Naissance d’un mythe

A 16 ans, alors qu’il fait partie du groupe « Kantuckee », il assiste à la tournée que son frère fait avec le Velvet Underground plein d’admiration. Peu de temps après, Malcolm quitte le Velvet et monte un nouveau groupe où il est à la guitare rythmique, Colin Burgess à la batterie, Lary Van Kriedt à la basse, Dave Evans au chant et Angus aux solos : AC/DC est né, nous sommes en boite à Sydney, en 1973.

Angus Young fera son premier strip-tease sur scène en 1975 et, étant un habitué du « Hard Rock Café », il accepte d’en faire un habillé en écolier aux côtés « de femmes bisexuelles qui brandissaient des godemichés à bout de bras » selon son propre récit. Ce moment est le plus attendu depuis à chacun de ses concerts. Il permet en réalité aux musiciens de souffler un peu et à lui-même de s’aérer de son costume. Plusieurs costumes ont précédé le célèbre écolier comme Zorro, Superman ou Spiderman.  Mais c’est Margaret qui souffle l’idée du lycéen lorsqu’Angus demande à chacun de venir avec un gadget personnel. Ce dernier met alors son véritable costume du Lycée Ashfield Boys High School de Sydney.

L’identité du mythe

Il en va de même pour le fameux logo du rockband. Ce dernier viendrait de la machine à coudre de la frangine, véritable inspiratrice de ses frères ! En 1977, à la sortie de  «Let There be Rock », on comprend aisément que les frères jouent leur propre histoire. Les solos sont soutenus par la rythmique imposante de Malcolm de façon novatrice pour l’époque.

Cette énergie sera le moteur des 2 albums suivants « Powerage » et « Highway To Hell » dans lesquels les Young se répondent dans une violence jouissive, sonore et cohérente. L’album « Back To Black » en revanche voit le style d’Angus évoluer, teinté d’une aura d’urgence et de tristesse. Il devient mélodique en fait.

Le dieu électrifié, Angus Young

Les pochettes d’albums qui le ridiculisaient un peu auparavant montre Angus Young à présent en géant voire en statue. Il est devenu une icône du rock. Les 3 derniers albums « The Razor Edge », « Ballbreaker» et « Stiff Uper Lip », grandioses, contiennent quelques perles à relever et savourer telles que l’introduction de « Thunderstuck », le jeu excité de réponses et d’arpège dans « The Furor » et l’hallucinant résumé de leurs différents styles constitué par leur expérience sur le dernier des trois.

« AC/DC est un des groupes de rock les plus importants et influents de l’histoire », tel est le commentaire de l’éditeur Paul Brannigan lorsqu’il leur a remis le prix Legend du magazine « Kerrang ! » en 2006. En 2016, Angus Young apparait sur scène avec les Guns N’Roses lors du festival de Coachella, ils jouent ensemble « Whole Lotta Rosie » pour marquer l’arrivée d’Axl Rose en tant que chanteur d’AC/DC pour la suite de leur tournée.

Les guitares de ANGUS YOUNG, le lycéen énervé

En 1984, Angus Young est interviewé et explique  qu’il est indifférent à tous les artifices modernes du son. Il nomme ses instruments « cette chose » ou « cette guitare », il reconnait n’avoir appris les noms des accords qu’une fois AC/DC en place.

Son tout premier instrument est un Banjo 6 cordes. Il passe ensuite à une Hofner et à un ampli qui rendait les lampes bleues lorsqu’il activait les push/pull des aïgus : « Je me souviens que l’un des premiers concerts que j’ai joué avec cet ampli était dans une église locale. Ils voulaient quelqu’un pour animer avec de la guitare et mon ami dit : Ah, il peut jouer. J’ai réglé l’amplificateur à faible volume et commencé à jouer et tout le monde a commencé à crier « baissez »! »

Angus Young découvre et adopte enfin la désormais célèbre Gibson SG dont il aura plusieurs modèles (17) : « J’aimais les SG parce qu’elles sont légères. J’ai essayé des Fender mais elles étaient trop lourdes et  n’avaient pas de micro humbucker. Et je ne voulais pas mettre de DiMarzio parce qu’alors tout le monde sonne pareil. C’est comme si vous écoutez le gars dans la rue. Et j’ai aimé le son dur de la Gibson ». Sa préférée reste un modèle de 1967 qu’il possède toujours, il a eu aussi la standard et la spéciale, une de 1964 et une autre de 61 avec laquelle il a quand même beaucoup joué.

La première Gibson SG Signature Angus Young, équipée d’un vibrato lyre chromé s’inspire de ses premières guitares. La seconde n’a plus de vibrato.

Pour conclure, il parle des effets des groupes de rock : « J’ai vu Deep Purple en concert une fois et j’ai payé pour cela et j’ai pensé: Bon sang, c’est ridicule. Vous voyez et entendez toutes sortes de choses. Je n’ai jamais aimé Deep Purple ou ce genre de groupes. J’ai toujours détesté ça. J’ai toujours pensé que c’était du Led Zeppelin pour les pauvres. »

 

Les amplis de ANGUS YOUNG, le lycéen énervé

En début de carrière, il joue avec des amplis Orange mais, tout comme sa fidélité qui va aux SG, Angus a toujours été fidèle aux amplis Marshall. Pour lui, le 100 watts est « le meilleur ampli de Rock », fondamentalement basé sur 4 stacks branchés en série par des boitiers répartiteurs et réglés quasiment pareil : volume à plein gaz, aigus et basses au milieu, médiums au milieu aussi. Il utilise maintenant parfois des amplis Wizard.

Les effets de ANGUS YOUNG, le lycéen énervé

Angus Young explique enfin ce qu’il pense des pédales d’effets : « j’ai trouvé que les pédales étaient trop compliquées pour moi. Tu es au milieu d’un solo et plus rien parce que la pile est morte. Et si tu marches sur la pédale, ça risque aussi de mal se passer. Ou un gamin fou tire sur la pédale juste au moment où tu t’apprêtes à faire ton grand numéro ». Même en studio, il n’en utilise pas mais échange ses 4 stacks Marshall pour un modèle 50 watts plus ancien.

Le son en vidéos de ANGUS YOUNG, le lycéen énervé

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