DAVE MURRAY, L'énergie de Iron Maiden, Le vétéran guitariste à la volonté de fer

Il est presque impossible d’ignorer qui est Dave Murray pour peu qu’on soit fan de musique rock et de métal. L’admiration directe s'impose face à son parcours. Contrairement à ses congénères, Dave Murray s’est vraiment construit tout seul. Il a réussi un tour de force pour faire basculer son destin par les seules forces de sa volonté et de sa passion.

Autodidacte pur, il a bâti sa brillante carrière de musicien sur une discipline et une rigueur qui ont été amplement récompensées au fil des années. Son aventure au sein d’un des groupes de heavy metal les plus célèbres au monde est le reflet de son incroyable ascension et son indéniable talent dans l’univers de la musique. Faisons donc un petit arrêt sur sa carrière avant de nous pencher sur son arsenal de musique.

Qui est-il ?

David Michael Murray de son vrai nom, est un type plutôt banal, issu d’une famille pauvre. Sa mère étant une femme de ménage à temps partiel et son père invalide. Dans son jeune âge, Davey, « Moonface » pour les proches, est surtout fan de foot, et particulièrement du club de foot de Tottenham. Mais vu le peu de moyens de sa famille et l’emploi de sa mère qui les contraint à déménager de ville en ville, sa passion pour le sport n'est pas entretenue pour l'y faire briller.

En même temps, il voue déjà une passion pour la musique. Et particulièrement pour le grand Jimi Hendrix dont le morceau "Voodoo Child"  devient pour lui une source inépuisable d’inspiration. Dave Murray décide d’arrêter définitivement sa scolarité à l’âge de 16 ans. Et si le guitariste en lui est né de cette décision-là, c’est que les déplacements incessants de sa famille ne lui permettent pas de se fixer assez longtemps pour pouvoir explorer plus loin sa passion pour le foot. Mais d’un autre côté, c’est aussi parce qu’il veut vraiment se consacrer entièrement à son autre passion qu'est la musique.

De sa passion pour le foot… à la guitare

Malgré son amour du foot, rien n’a jamais été conclu concrètement de ce côté pour Dave Murray. Alors, du haut de ses 14 ans, il s’octroie sa première guitare et en apprend les rudiments par ses propres moyens. "Voodoo Child" devient son hymne et Hendrix son Dieu. Cette première guitare se décrit de ses propres dires comme « une guitare acoustique bon marché, un de ces instruments avec des cordes d’un tirant très fort, à cinq centimètres du manche". Plus tard, il s’est procuré comme il l'explique : « une guitare de supermarché Top 20 » ! (une guitare de supermarché de 20£ ). C'est une copie d'une SG de Eros qu’il acquiert bien des années après et qu’il qualifie de sa "première guitare décente ». Il la conserve environ un an jusqu’à ce qu’il puisse enfin s’acheter sa première véritable guitare : une Fender Stratocaster blanche. Qui est d’après lui un choix inévitable vu son influence Hendrixienne.

Guitariste autodidacte

Pour Dave Murray, écouter et reproduire à l’infini ce que faisaient ses idoles est sa façon de s’imprégner de l’instrument et d’apprendre comment en jouer. Il dit alors qu’il joue de la guitare mentalement. Il se nourrit notamment du style d'Hendrix, mais aussi de grands guitaristes tels que Robin Trower. Les seuls cours de guitare que Dave Murray prend sont ceux qu'il effectue avec Adrian Smith pendant 3 semaines. Et c’est tout ! Pratiquement autodidacte donc,  Dave Murray est un de ces musiciens qui a su trouver lui-même son propre son. Même s'il avoue que ces quelques cours lui ont appris à déchiffrer les mélodies et à étudier les différentes positions d’accords.

Il s’astreint à un rythme d'apprentissage et une discipline de fou. Il se constitue de cette façon un créneau de 3 heures de guitare non-stop par jour. Et il se donne tellement de mal que tous les moyens de réussir sont les bienvenus. Murray va même jusqu’à relever les morceaux d’Hendrix, note à note. Il les écoute pas moins d’une dizaine de fois, jusqu’à les posséder parfaitement. Et de jour en jour il s’améliore. Jusqu’au moment où il devient enfin l’illustre guitariste qu’il est aujourd’hui.

De groupe en groupe

Après avoir quitté l’école à 16 ans, il commence à former de petits groupes. Le tout premier qui voit alors le jour, porte le nom de Stone Free. Le patronyme fait référence à un titre de Jimi Hendrix. La formation se compose alors d’un trio. Adrian Smith, voisin de rue de Dave Murray à l’époque, fait partie du groupe en tant que guitariste et voix. Ensuite commence la succession de petits groupes dont Electric Gas, The Secret, Warlock. On compte également Lengend, The Stuff et Evil Ways.

En 1976, Dave est contacté par Dennis Wilcock qui se trouve être un ami à lui, mais aussi celui de Paul Di'Anno, le chanteur d’Iron Maiden du moment. Il veut que Dave Murray intègre le groupe en tant que guitariste. C'est après l'avoir auditionné que Steve Harris décide de l’engager. Il effectue pour cela une interprétation époustouflante de « Prowler». Dave Murray est, depuis ce jour, officiellement un membre d’Iron Maiden.

L’aventure Iron Maiden

L’arrivée de Dave Murray au sein de l’ancienne formation d’Iron Maiden sème le trouble. Terry Rance et Dave Sullivan, qui étaient les deux anciens guitaristes d’Iron Maiden partent. Ils laissent la place à Bob Sawyer, alias Bob Angelo, en seconde guitare avec Dave. Par la suite, l’entente entre Wilcock et Murray s’effrite à son tour. Le guitariste décide donc de quitter Iron Maiden pour se remettre avec Adrian Smith dans leur ancien groupe Evil Ways. Entre temps ce dernier est devenu Urchin.

Quand la formation d’Iron Maiden change pour la énième fois en 1977, Dave Murray réintègre le groupe pour ne plus le quitter. Il prend ainsi part à l’enregistrement de la démo du célèbre"The Soundhouse Tapes". Au premier album titré Iron Maiden également. C'est ainsi que Dave Murray s’inscrit comme le second plus ancien membre du groupe encore en place, après Steve Harris.

Dennis Stratton est contraint lui aussi de quitter le navire Maiden en 1980. Adrian Smith rejoint l’aventure suite aux chaudes recommandations de son vieil ami Davey. C’est de là que viennent les deux sons de guitare complémentaires aux harmonisations et solos croisés d’Iron Maiden qu’on lui connait maintenant.

D’hier à aujourd’hui

Contrairement aux autres guitaristes de renom, Dave Murray n'aime pas trop s’éparpiller dans son travail. Mis à part sa carrière au sein d’Iron Maiden, on ne lui connait pas d’implication dans d’autre projet de grande envergure. Une carrière en solo ne l’intéresse pas vraiment, pas plus que de composer des morceaux qui lui sont propres. Il est un temps même où une réputation d’être brouillon sur la composition de ses solos lui colle à la peau. A cette époque il arrive en studio, s’installe, boit quelques bières et démarre la prise de ses solos. Le roi de l'impro quoi! Il dit que l’improvisation le rend plus mélodique et plus agressif dans ses solos, et il aime ça. Mais au fil du temps il est devenu plus constant. Ses solos se sont fixés car il prend le temps de les étudier au préalable avant chaque prise.

En ce qui concerne la compo, il se déclare lui-même trop paresseux pour s’y mettre sérieusement. Mais l’autre raison surtout c’est qu’il n’en ressent pas encore vraiment le besoin. A plus forte raison vu que les autres membres du groupe le font déjà si bien. Il se concentre plus sur sa technique de gratte et sur la façon de s’améliorer davantage. Il pratique au moins une demi-heure tous les jours. Et ce, malgré l’emploi du temps bien rempli du groupe entre les live, les tournées et les studios.

Sa technique de gratte et ses influences

Plus « bluesy » que ne l’est Adrian Smith ou Janick Gers, Dave Murray est plus adepte du jeu d'improvisation. Ses touches sont tirées en majorité de la technique de solo legato. Il a ce son arrondi, lisse et fluide qui est obtenu quand on joue davantage avec le micro manche dans les solos.

Côté influence, qui ne sait pas que Dave est un inconditionnel fan de Hendrix. Mais il se nourrit aussi d’autres styles plus variés apportant ainsi une grande nuance à ses jeux. Il cite notamment Paul Kossof de Free et Robin Trower avec «Bridge Of Sights» pour l’émotion qu’ils dégagent. SantanaFreddie King ou BB King font également partie de sa track-list. Du reste, Ritchie Blackmore et le style grassement roulant de Billy Gibbons sont ses préférés.

Dans un autre registre, il admet écouter et adorer plusieurs albums de Stevie Ray Vaughan. Il suit de près Yngwie Malmsteen et Steve Vai également. Il reconnait à chacun un indéniable talent.

Voilà donc en ce qui concerne l’univers et le parcours de Dave Murray. Visitez maintenant avec Sounds-Finder son antre musicale.

Adrian Smith

Les guitares de DAVE MURRAY

Comme tout guitariste qui se respecte, Dave Murray a une guitare à laquelle il tient particulièrement pour avoir une signification personnelle à ses yeux. Pour lui, cette guitare est matérialisée par une Stratocaster modifiée de 1957 qui a appartenu à Paul Kossoff de Free. Cette guitare a été rendu au rang de guitare fétiche par Murray pendant des années jusqu’à ce qu’il se mette à jouer avec d’autres guitares que nous allons voir de plus près.

Les voici donc :

Les amplis de DAVE MURRAY

Connu comme un inconditionnel de Marshall, Dave Murray s’est tout de même vu apprécier des amplis de la marque Gallien-Krueger dernièrement, en raison de la qualité de leur son. Il utilise notamment des amplis stéréo numériques en rack de cette marque principalement lorsqu’il est sur scène.

Pour les amplis, il reste dans le registre ordinaire avec un Marshall 200 W équipé de haut-parleurs EV. Sur scène il dispose de deux 4 x 12 qu’il utilise comme retours, et deux autres en secours. Deux 2 x 12 ensuite sont réglés à un volume plus faible et sont repris dans la sono.

Voilà pour la configuration en général. Mais il lui arrive parfois d’avoir recours à d’autres matériels qui sont :

Les effets de DAVE MURRAY

Il est l’un des quelques guitaristes modernes à encore se munir d’une pédale wah-wah Cry Baby placée dans un pédalier construit par Pete Cormish. Mais son rack d’effets contient également d’autres effets comme un Boss FET Préamp, un égaliseur graphique à dix bandes MXR, un phaser MXR 90, ainsi qu’un delay numérique T.C. Electronic 2290. Voilà en gros, mais on peut également le voir avec :

Le son en vidéos de DAVE MURRAY

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