NEIL YOUNG, le guitar-hero engagé

Neil Percival Young naît le 12 novembre 1945 à Toronto. Il est le fils d’un journaliste et d’une membre des filles de la révolution américaine.

Il a un jeu très spécial avec une voix très haute, beaucoup de guitares saturées, des chansons très engagées politiquement. Neil Young pratique plusieurs styles musicaux et en particulier le rock folk acoustique avec des passages de country mais aussi des prémices de hard rock et grunge. Il s’est également essayé à l’électro, au noise rock et au rockabilly et à la musique hypnotique.

Parcours chaotique d’un géant

Lorsqu’il vit à Winnipeg au Canada, il joue dans le groupe « The Squires » puis en solo. Arrivé aux States en 1965, il débute une carrière internationale avec les « Buffalo Springfield », d’inspiration folk rock. Il se compose de Stephen Stills, Richie Furay, Jim Messina, Dewey Martin et Bruce Palmer. Ensemble, ils enregistrent 3 albums.

En 1968, Neil Young débute sa carrière solo avec un album à son nom. Il fonde le groupe « Crazy Horse » et enregistre  » Everybody Knows This Is Nowhere  » et « After The Gold Rush« . Ils ont à ce jour plus de 11 albums à leur actif et plus encore de tournées.

En 69, il rejoint « Crosby, Stills et Nash » et vient au Festival de Woodstock mais il refuse d’apparaitre dans les films sur l’évènement. Ils produisent 4 albums ensemble.

En 1974, il appelle des musiciens de Nashville et crée « Stray Gators » afin de faire l’album « Harvest » avec lequel il obtient un immense succès mondial. Il reçoit en France le prix de l’Académie Charles Cros.

Quand la santé s’en mêle

Dépendant de la coke, atteint par le handicap de son fils et la mort de Danny Whitten, Neil Young s’enfonce dans la dépression. Son épilepsie n’arrange rien à cela mais il réussit à produire « Times Fades Away », « On The Beach » et « Tonight’s The Night » de 1973 à 1975.

Après « Zuma » cependant, sa vie semble s’arranger et d’autres albums sortent tels que « American Stars ‘n Bars », « Comes A Time », « Rust Never Sleeps », « Decade » et « Live Rust » jusqu’à 1979. Cette même année, il se consacre à son deuxième fils, handicapé également. Il enregistre quand même « Hawks And Doves » et « Everybody’s Rockin’ ».

« Old Ways » sort en 85, année où il co-organise le concert caritatif « Farm-Aid ». Suivent les albums « Landing On Water » et « Life », puis « Geffen : Lucky Thirteen ».  Cette période est ancrée dans une liberté créatrice pour Neil Young.

Une débordante inspiration créatrice

Ensuite paraissent « This Note’s For You », « Freedom », « Ragged Glory » et « Harvest Moon » en 1989, 90 et 92. La mort de Kurt Cobain inspire à Neil Young l’album « Sleeps With Angels ». Les deux musiciens s’appréciaient beaucoup et Kurt avait cité la chanson de Neil « Hey Hey, My My » dans sa lettre posthume. Young dira à ce sujet : « Quand il est mort et a laissé cette lettre (…) ça m’a foutu en l’air ». Neil Young tente de contacter Cobain quelques jours avant son décès : « Comme par hasard, j’ai essayé de le contacter quelques jours avant sa mort pour lui dire que je pensais qu’il était génial, qu’il devait faire exactement ce qu’il voulait et devait envoyer se faire foutre tous les autres. Je voulais lui dire de jouer seulement quand il en avait envie ».

Toute une série d’albums suit de 1995 à 2006 avec un dernier, « Living With War » marqué par un esprit clairement anti-Bush. En 2005, sa santé lui donne une alerte lorsqu’il fait une rupture d’anévrisme qui reste, heureusement, sans conséquence.

En 2009, Neil Young réalise un vieux projet en faisant paraitre ses archives en 7 CD avec de nombreux inédits. 2009 et 2010 voient sortir deux albums particuliers : l’un portant sur sa voiture et le second complètement expérimental.

Il retrouve le Crazy Horse en 2012 et sort deux albums dont un où l’on peut retrouver Jack White. En 2015, le journal The Guardian révèle qu’il est espionné par l’entreprise Monsanto suite à son album sur l’environnement en 2015.

Une vie personnelle bien remplie

Sa vie personnelle est aussi mouvementée que sa vie musicale. Il épouse trois femmes, a trois enfants, a créé une start-up, a demandé sa nationalité américaine afin de voter aux prochaines élections de 2020 et est un grand collectionneur de véhicules américains et de trains électriques. Neil Young a réalisé quatre films, a été acteur, compositeur pour le cinéma et est le sujet de plusieurs documentaires.

Beaucoup d’honneurs lui ont été rendus comme dans le Canadian Music Hall Of Fame, le Rock and Roll Hall Of Fame, le Top 100 Canadian Albums et le Rolling Stone.

Voyons maintenant le matos de ce prolifique artiste !

Les guitares de NEIL YOUNG, le guitar-hero engagé

Neil Young joue avec beaucoup de guitares différentes, citons les plus marquantes :

– La Gibson Les Paul 1953 connue sous le nom de « Old Black« , une guitare des plus excentrique, sa favorite. Pleine de caractère, cette six-cordes a subi, avec lui et comme lui, de nombreuses transformations au fil des années et des voyages. D’ailleurs, elle jouit d’un réel statut de star car même lorsque Neil Young voyage il y a toujours une place réservée en première classe pour cette guitare vraiment pas comme les autres.

A l’origine, elle est semblable par exemple, à celle utilisée par David Gilmour sur le solo de « Another Brick In The Wall » et dont la finition originale comprenait une peinture dorée, deux micros P-90, un pickguard blanc et un cordier en trapèze. Neil Young échange cette guitare en 1968 contre sa Gretsch Chet Atkins avec son complice Jim Messina de l’ex-Buffalo Springfield.

Le chevalet et le cordier en trapèze sont remplacés par un vibrato Bigsby associé à un chevalet Tune-O-Matic. Apparemment le manche d’origine – ou seulement la tête – a été remplacé durant les années 60, comme en témoigne le logo « couronne » typique de la SG là ou normalement devrait se trouver le logo « Les Paul Model ».

Quant aux modifs purement esthétiques, on trouve un filet ajouté à l’arrière du manche et autour du corps ainsi qu’une plaque en aluminium remplaçant le pickguard original de couleur crème.

Côté micros, on note également le remplacement en 1972 du P-90 d’origine en position chevalet par un mini-humbucker provenant d’une Gibson Firebird, que Larry Cragg, le guitar-tech de Young, décrit comme ayant un spectre très large, et jouant un grand rôle dans le son si caractéristique de mister « Rockin’ In The Free World« . Un inverseur supplémentaire agit comme une voie de contournement de l’électronique de la gratte envoyant le signal du micro directement vers l’ampli de l’artiste.

– Des Gibson en 12 cordes.

– Il possède une Gibson hummingbird de 65 (que l’on voit nettement d’ailleurs sur le DVD « Silver And Gold« )

Neil Young gagne le « The Les Paul Award » en Septembre 1998. D’après Gibson Guitar:

  • « Quelle que soit la musique du nouveau millénaire, l’auteur-compositeur-interprète Neil Young ouvrira sûrement la voie comme il l’a fait pendant près de trois décennies – avec une Gibson Les Paul dans ses mains. Le 27 septembre, le lauréat de la renommée du Rock’n Roll Hall of Fame  recevra le prix d’excellence technique et de créativité (TEC) Les Paul 1998 parrainé par le magazine Mix. Le lauréat incarne les réalisations techniques et créatives exceptionnelles de Les Paul.
  • Le Prix Les Paul a été créé en 1991 pour honorer les individus ou les institutions qui ont établi les normes les plus élevées en matière d’application créative de la technologie illustrée par son homonyme. Depuis qu’il a acquis une renommée internationale au début des années 1970 en tant que membre de Crosby, Stills, Nash & Young, il a forgé une carrière réussie en tant qu’artiste solo, auteur-compositeur et innovateur dans l’utilisation de la technologie d’enregistrement. Parmi les premiers artistes majeurs à enregistrer dans son propre studio, Young possédait l’un des premiers multipistes numériques aux États-Unis. Plus récemment, il a réalisé des mixages 5.1 canaux sur une machine analogique 8 pouces à la pointe de la technologie. Young a joué une Les Paul Standard personnalisée, entre autres Gibsons, tout au long de sa carrière. »

– Viennent ensuite les Martin dont Neil Young est également fan

– Sur « Prairie Wind« , il utilise la D-28 Hank Williams.

– Sa D-18 est souvent accordée 1 ton en dessous, ce qui lui donne un spectre sonore bien riche, bien gras, comme dans « Hey Hey My My« , en version live et studio).

– On peut voir une D45 1969 jouée et on entend visiblement une D-45 pre-war (voir explication ci-dessous) ou une D18GE passée dans un préamp à lampes, le son du barrage sculpté est typique et ne peut en aucun cas provenir de sa D45 69 straight braced. Celle-ci n’a pas été retouchée. Sur des enregistrements ultérieurs faits avec celle-ci, on entend bien ce son sec et direct typique des straight braced, certes un peu boomy sur les basses, mais qui n’a vraiment rien à voir avec une pre-war.

– Sa D-28 de 41 a un barrage sculpté non forward shifted, une table en adirondack.

PRE-WAR = avant la 2ème guerre mondiale, les barrages étaient sculptés et avancés, il y avait donc plus de basses (la table vibrant plus librement) et plus de dynamique. Mais, l’utilisation de tirants élevés provoquait des déformations de tables, et le son devenait trop percussif (effet peau de tambour). Il a donc fallu reculer le barrage. En plus de cela, les tirants heavy « tiraient » trop sur la table et les variations climatiques engendraient alors des fissures de tables. Il a donc fallu réemployer des barrages non scupltés, qui rigidifiaient la table. Depuis quelques temps, on a retrouvé des barrages scallopés (HD-28 martin) car en utilisant des médiums ça fonctionne très bien.

– La seule Taylor qu’il utilise sur les enregistrements Live est une Taylor 855 « moustache » 12 cordes.

On lui connait aussi une Yamaha L-55 (German/braz) commandée en même temps que celle de John Denver en 1978.

Les amplis de NEIL YOUNG, le guitar-hero engagé

Autre élément important du son de Neil Young, son ampli.

Il s’agit d’une version modifiée d’un Fender Tweed Deluxe de 1959 qui a longtemps été son ampli de prédilection. Cette sonorité légendaire et super-saturée est construite à partir du signal de la « Old Black » injecté directement dans l’ampli, plusieurs pédales d’effets sont utilisées pour des effets différents mais aucune distorsion.

Tout est piloté à partir du tableau de commande à trois boutons de l’ampli et par une sorte de gadget nommé Whizzer. Il s’agit d’une unité imaginée et construite par le technicien Sal Trentino à la fin des années 70.

Le Whizzer agit sur les commandes de volume et de tonalité avec quatre configurations prédéfinies que Neil Young choisit à partir d’un pédalier destiné à modifier le rendement de son ampli.

Neil Young joue effectivement surtout sur un vieux Fender Deluxe, mais il utilise parfois en concert une tête Fender Bassman dans une baffle 4×10″.

Les effets de NEIL YOUNG, le guitar-hero engagé

On lui connait des pedalboards chargés parmi lesquels on peut citer :

– la pédale dealay,

– la reverb,

– la phaser,

– la compression

Le son en vidéos de NEIL YOUNG, le guitar-hero engagé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.