Eddie Van Halen : l’enfant terrible du rock

Qui ne connait pas le solo emblématique du single Beat it de Michael Jackson ? Nous pensons que personne n’est passé à côté de cette rupture intemporelle dans l’univers musical. Car ce son qui ne passe pas inaperçu  fut l’une des meilleures signatures à la guitare jamais laissées dans ce monde. Ce bel héritage c’est à Eddie Van Halen que nous le devons. Tous nous le connaissons comme le célèbre guitariste américain, cofondateur du groupe de rock Van Halen. Et pour les passionnés, c’est le père précurseur de la technique du « Tapping ». Cette technique tant affectionnée par les amateurs de gratte électrique à 6 cordes.

Son génie se révèle très rapidement dès ses débuts. L’anecdote veut qu’après avoir échangé la batterie, le premier instrument qu’il pratique, contre une guitare, il se rend compte que son frère Alex était plus doué que lui. Donc il troque cet instrument contre une 6 cordes et voilà le résultat. C’est la décision qui révèle le talent caché du jeune Eddie. Son jeu est alors influencé par Eric Clapton qui fait encore partie du groupe Cream à cette époque.

Plus tard, il apparaît dans plusieurs classements des meilleurs guitaristes au monde. Et on le voit gravir les échelons petit à petit car il commence par être dans le top 100 d’abord. Et vers les années 2000, il finit par arriver en tête de liste évinçant des grands noms comme Brian May au passage. Ce qui n’est que justice quand on sait qu’il est celui qui a rendu populaire l’une des techniques les plus utilisées en guitare électrique jusqu’à maintenant.

L’histoire du géant Van Halen

Eddie Van Halen et son frère Alex Van Halen commencent à former dès le collège et le lycée des petits groupes de rock. Il y eut d’abord « The Trojan Rubber Company », ensuite “The Broken Combs” et finalement “The Space Brothers”.  Ce n’est que plus tard que le groupe mûrit et finit par endosser le patronyme tant reconnu de Van Halen. Le groupe connait des hauts et des bas et finit par se séparer. Mais ce n’est pas sans avoir laissé dans leur sillage des albums aux sons particuliers reconnaissables parmi des milliers d’autres. Leur tout premier opus porte le nom du groupe lui-même, « Van Halen« . Et le morceau « Eruption » est pour nous l’expression de tout le génie que puisse avoir Eddie Van Halen.

Voilà pour la petite histoire, parlons maintenant de son et de matos. Alors entrons dans le vif du sujet en passant au peigne fin l’équipement de choc de cette bête du rock.

Les guitares de Eddie Van Halen : l’enfant terrible du rock

Eddie Van Halen n’est pas seulement connu pour être un guitariste hors pair. Il est aussi célèbre pour fabriquer lui-même ses guitares et trafiquer lui-même ses micros pour avoir le son lourd et gras qui est à la base de sa signature.

La pièce maîtresse de sa panoplie est définitivement la Frankenstrat, la guitare Frankenstein, qu’il a conçue de ses dix doigts en 1974. Il ne la quitte pas et s’en sert presque exclusivement durant les deux premières années de l’existence de son groupe. Ce petit bijou électrique est un mix bien étudié qui se situe quelque part entre les caractéristiques d’une Fender Stratocaster et la sonorité d’une Gibson. Elle épouse presque toutes les principales identifications d’une Stratocaster comme le vibrato, son manche, sa morphologie et bien d’autres aspects physiques. Et pour le son, le tout premier micro de la Frankenstrat est issu du bricolage des micros d’une vieille Gibson ES-335. Van Halen a pris soin de traiter ces derniers dans un bain de paraffine liquide pour diminuer leur sensibilité à l’effet Larsen.

Vient ensuite la « Bumblebee« , moins célèbre que la Frankenstrat, mais qui a tout de même servi à Van Halen pour enregistrer et faire la tournée du second opus du groupe intitulé « Van Halen II« . Elle est née en 1979. Pour son aspect extérieur, elle ne s’éloigne pas vraiment des caractéristiques de la Frankenstrat. C’est au niveau de l’accastillage que la différence se fait sentir entre ces deux modèles. En effet, la Bumblebee est équipée d’un vibrato flottant Floyd Rose et une finition chrome. Et côté micro, cette fois-ci Van Halen opte pour un micro Humbucker DiMarzio Blanc à aimant Humbucker PAF. Cette guitare a été enterrée aux côtés du guitariste Dimebag Darrell de Pantera après sa tragique disparition en 2004.

Dans le courant de l’année 1979, Van Halen apporte plusieurs modifications à sa vieille Frankenstrat et elle devient la Frankenstrat 2. Cette version améliorée va donc comporter un vibrato Floyd Rose, un vieux micro hors d’usage en plus et un sélecteur rouillé positionné en « milieu » qui n’est utile en rien du tout. La vraie différence se situe au niveau de la couleur de la guitare mais aussi sur quelques retouches côté design dont la présence d’une pièce de 25 centimes de dollar qui date de 1971 et l’ajout de catadioptres au dos de la guitare pour les jeux de lumière. Le fameux quart de 1971 vissé près du vibrato a été installé pour solutionner un problème d’harmonisation durant les live. Mais plus tard, quand une nouvelle version du vibrato a été commercialisée, Eddie remplace son ancienne version et le problème d’harmonisation disparaît. Ce qui fait que la pièce devient juste un élément d’identification de la guitare. Le manche de cette guitare a été changé plusieurs fois étant donné que c’est la guitare fétiche de Van Halen. C’est à cette guitare que l’on doit le solo de Beat It.

Fender reproduit désormais en série ces 3 guitares sous le nom de EVH Striped Series. Et elles connaissent un grand succès auprès du public et des fans de ce Guitar Hero. Et pour ceux qui souhaiteraient voir de près à quoi ressemble la Frankenstrat V2, une réplique exacte est exposée au Musée national d’histoire américaine de la Smithsonian Institution à Washington. C’est une étape à ne pas manquer lors d’un pèlerinage des grands noms de la guitare.

Après la Bumblebee, Eddie reprend d’autres projets de son qu’il a déjà imaginés avec la Snake qui a finalement endossé le nom de DragonSnake guitar, ou encore la guitare Unchained. En 1981, Eddie signe son premier accord avec la marque Kramer et abouti à la conception de la Kramer 5150 Baretta. Vous pouvez visionner la guitare dans cette vidéo.

En 1991, il change son fusil d’épaule en passant par Ernie Ball / Music Man et conçoit avec eux une toute nouvelle guitare maintenant connue sous le nom de Music Man EVH Signature. 

Quelques années plus tard, il change encore de marque de guitare et atterrit chez Peavey. Ce n’est seulement qu’en 2001 qu’il lance sa propre marque de guitare nommée EVH Striped Series, fabriquée par  Fender. La base de ces séries est concentrée sur ses 3 premières conceptions : la Frankenstrat, la Bumblebee et la Frankenstrat V2. Désormais, Eddie joue surtout avec le modèle EVH Wolfgang (tiré du nom de son fils) et de la réplique Fender Custom Shop de sa Frankenstein originale.

Du coté des acoustiques, Eddie Van Halen n’a utilisé en tout et pour tout que 2 guitares dont la première est une Don Musser Custom-built. Elle a été utilisée sur l’album « Balance » sorti en 1995. Eddie l’a acheté chez Norman’s Rare Guitars.

Et la deuxième est une Tacoma JR55 Jumbo avec laquelle Eddie a été vu sur The Downtown Sessions DVD sorti en 2012. Pour visionner quelques clips de cette session il suffit d’aller surfer sur Vimeo ou Youtube.

Les amplis de Eddie Van Halen : l’enfant terrible du rock

En résumé, Eddie Van Halen n’a pas d’exigence particulière en matière d’amplis. Il est ce qu’on pourrait appeler un touche-à-tout sur ce point car il change d’ampli au gré de ses envies et de ses besoins pour chaque création qu’il entreprend.

Pour l’enregistrement des 6 premiers albums du groupe Van Halen, Eddie s’est toujours muni d’un Marshall 1959 JPL Super Lead. Pas étonnant vu le type de son à crever les tympans qu’il affectionne tant en ces temps-là.

Cet ampli, Eddie Van Halen se l’est procuré en seconde main en Angleterre. Ignorant les particularités de cette machine, au début il pensait avoir acquis un ampli qui ne fonctionnait pas. Or il s’agissait en fait d’un type d’ampli qui ne marche pas en basse tension. Sa solution à lui fut d’acheter un transformateur Variac  pour lui permettre de jouer avec l’ampli sans forcément avoir la configuration requise par le Marshall.

Pour les armoires et les haut-parleurs, les premières années d’Eddie ont été accompagnées par des boîtes Marshall chargées avec du Celestion G12M 25w. Il passe ensuite par une Vintage 30 au milieu des années 1980. Pendant l’enregistrement du premier album, il a supposément utilisé des haut-parleurs JBL D-120 dans l’une des armoires.

Vers les débuts des années 80, Eddie a commencé à utiliser l’amplificateur de puissance H & H V800, juste avant que le signal ne se fasse dans les armoires. L’ampli H & H MOSFET était généralement connecté à un autre ampli de puissance de tube.

Vient ensuite la période “Peavey” d’Eddie entre 1993 et 2004. Il obtient un accord avec la marque pour approuver le Peavey 5150. L’amplificateur est tout-tube avec 120w de puissance de sortie RMS. Il utilise cinq préamplis 12AX7 et quatre tubes d’amplificateur de puissance 6L6, et il dispose de 2 canaux : le plomb et le rythme. Ce modèle est aujourd’hui disponible en commerce sous le nom « 6505« .

Et finalement, dans le courant de ces dernières années, Eddie se sert d’un ampli qu’il a réalisé en collaboration avec Fender. Il s’agit d’un ampli tout-tube utilisant huit tubes 12AX7 et six 6L6, comportant trois canaux (Clean, Crunch et Lead). L’ampli original était de 100w, mais une tête de 50w plus petite et moins puissante a récemment été introduite au modèle pour avoir un tout autre rendu une fois sur scène.

Les effets de Eddie Van Halen : l’enfant terrible du rock

Pour vous donner un aperçu de la manière dont fonctionne Eddie Van Halen, on va reprendre une de ses phrases culte : « Je n’ai jamais utilisé ou possédé une pédale de distorsion. C’était juste la guitare et le câble directement à l’ampli « .

Guitariste de la vieille école, Eddie Van Halen n’affectionne donc pas particulièrement la technique des Guitar Hero d’aujourd’hui qui aiment bien mettre leur pédale dans des racks pour les piloter via des contrôleurs MIDI distants. Il est plus le genre à vouloir des pédales à ses pieds où il peut faire des ajustements rapides. Ceci dit, cela ne veut pas forcément dire qu’il n’utilise pas de rack du tout. Ce serait impossible de produire de tels sons dans ce cas.

Il a notamment utilisé quelques effets dans sa chaîne dont un EQ MXR Phase 90 et MXR 6-Band au début et d’autres effets comme un Echoplex EP-3 Delay, un MXR Flanger et Univox EC-80 Tape Echo plus près de la fin de chaîne.

Avec le temps, Eddie améliore sa technique et ses équipements et  commence à utiliser une plate-forme quelque peu différente. Il a désormais quelques-unes de ses propres pédales de signature de MXR / Dunlop dans sa chaîne, à l’instar de la EVH117 Flanger, la Phase 90 et la EVH95 Signature Wah. Mais il a également d’autres pédales comme la Boss OC-3 Super Octave, une Digitech Whammy et un MXR M234 Chorus analogique.

Voici comment le tout est assemblé : l’ensemble est connecté à un commutateur de boucle à dérivation True-Custom, qui maintient les pédales entièrement hors de la chaîne de signal jusqu’à ce qu’il les engage avec un commutateur au pied sur le commutateur de boucle. La seule pédale qui n’est pas connectée au commutateur de boucle est la EVH95 Eddie Van Halen Signature Cry Baby wah, qui est placée directement devant lui. Les pédales connectées au commutateur incluent donc la MXR EVH90 Phase 90 signature Van Halen et la EVH117 Flanger, qui ont été méticuleusement conçues pour reproduire les tons classiques de ses pédales MXR Seventies originales. La paire de pédales Boss, un OC-3 Super Octave et CE-5 Chorus Ensemble, complètent sa sélection de la boîte de stomie sur scène.

 

En somme toute une panoplie à faire trembler les grandes salles où il y a foule et assez de bons matos pour révéler le génie d’un virtuose confirmé. Donc attention à vos oreilles, âmes sensibles s’abstenir pour cette fois. Le type de solo concocté par Eddie Van Halen est le reflet de sa propre personne qui n’est pas le genre qui conviendrait à tout le monde, même pour les mélomanes avertis.

 

 

Le son en vidéos de Eddie Van Halen : l’enfant terrible du rock

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