JERRY GARCIA, le Captain Trips des Grateful Dead

Jerome John Garcia nait le 1 août 1942 à San Fransisco. C'est un artiste complet puisqu'il est compositeur, chanteur et multi-instrumentiste (piano, banjo, steel guitar, guitare). Sa renommée mondiale vient de sa grande capacité d’improvisation et son étonnante maîtrise de la guitare.

L'enfance dure d'un futur prodige

Son père est un immigré espagnol et musicien de jazz pour une salle de danse. Sa mère, quant à elle, est une infirmière irlando-suédoise qui joue du piano.

A 4 ans, Jerry perd les 2 dernières phalanges du majeur en coupant du bois avec une hache. L'année suivante, à 5 ans, il voit son père se noyer.

En 1950, il apprend le banjo à 5 cordes. Initié au R&B par son frère en 1953, il est inspiré par Ray Charles, John Lee Hooker, B.B. King, Hank Ballard et Chuck Berry. En 1957, il obtient une guitare et un ampli en échange d'un accordéon qu'on lui a offert mais qu'il refuse. Il apprend alors l’accordage ouvert. A 15 ans, il apprend donc la guitare, du folk et du rock and roll principalement.

A ses 17 ans, souhaitant voyager, il passe quelques mois dans l’armée. Il sera renvoyé au motif qu'il ne sait pas vivre selon les règles militaires ! A son retour, il rencontre Robert Hunter, son futur parolier.

De la première formation au groupe mythique

En 1962, Jerry achète un banjo et joue dans des groupes locaux de bluegrass. Il joue dans le groupe Mother McCree’s Uptown Jug Champions. Le nom du groupe change avec une évolution plus électrique, The Warlocks, à la fin de 1964. Le groupe comprend Ron "Pigpen" McKernan, Bob Weir et Bill Kreutzmann.

En Juillet 65, Phil Lesh rejoint le groupe. Ce dernier devient Grateful Dead. Ce nom vient du livre des morts égyptien : « in the light of the dark, the ship of the sun is guided by the grateful dead ». Ce groupe est devenu mythique autant pour des prestations scéniques qui peuvent durer plusieurs heures que pour sa participation aux expériences légales sur les effets du L.S.D.

Pas que les Grateful Dead !

Jerry reste membre de Grateful Dead pendant 30 ans. Cependant, il joue aussi dans de nombreuses formations :

- de la country avec New Riders of The Purple Sage en 1969/1970.

- Un disque avec Howard Wales et ses compères en 1971.

- Du bluegrass avec Old And In The Way en 1973.

- Il joue du jazz avec Merl Saunders en 1972/1973.

- Il joue avec le pianiste des Rolling Stones, Nicky Hopkins, en 1974/1975.

- Dans les années 90, Jerry enregistre du folk traditionnel avec David Grisman.

- Entre 1976 et 1985, il se produit avec le bassiste John Kahn lors une série de concerts.

- Il participe à des enregistrements avec Jefferson Starship et Crosby, Stills, Nash and Young.

De la créativité, toujours

En 1986, victime de ses abus  d’alcool et d’héroïne, il tombe dans un coma diabétique de 5 jours. Il doit réapprendre la guitare depuis le début. Mais, moins de cinq mois après cet accident, il reprend ses tournées à travers les Etats-Unis avec les Grateful Dead ainsi que des concerts avec son groupe, le Jerry Garcia Band.

En 1987, il crée le Jerry Garcia Acoustic Band avec Sandy Rothman et enregistre « Almost Acoustic ». Il enchaîne en 1991 en  participant à l’enregistrement de « Superstition Blues » de Country Joe McDonald.

Une légende éternelle

Le 9 août 95, Jerry séjourne en centre de désintoxication à Forest Knolls en Californie lorsqu'il meurt d’un arrêt cardiaque à 53 ans.

On lui connait plus de 24 albums à son actif. Il est inscrit au Rock And Roll Of Fame en 1994. En 2003, le magazine Rolling Stone le classe 13° des 100 plus grands guitaristes de tous les temps.

Il est surnommé "Captain Trips" par les Deadheads, les fans de Grateful Dead. Ils le célèbrent tous les 1° dimanche d’août, c'est le fameux "Jerry Day".

Maintenant que vous connaissez l'histoire de cette légende, accompagnez Sounds-Finder dans la malle aux jouets de ce personnage si singulier...

Les guitares de JERRY GARCIA, le Captain Trips des Grateful Dead

Toutes les guitares de Jerry Garcia portent un nom très imagé. Sa première Fender s’appelle «The Eagle», puis sont arrivées les fameuses «Wolf», «Tiger», «Rosebud» et «Lighting Bolt».

Les trois guitares d’Irwin partagent la conception de boucle d’effet de Garcia, qui est essentiellement une prise stéréo qui envoie le signal à travers les effets et retour avant qu’il n’atteigne les commandes de volume et de tonalité.

THE EAGLE : Elle possède un corps en érable frisé (et autres bois exotiques) avec un cœur violet et des côtés teintés. Elle a également deux capteurs en plastique noir indiquant «Hi-A» entre les pick-ups. Garcia demande qu’Irwin lui ajoute quelques poids de pêche dans le compartiment électronique.

Garcia a joué cette guitare pendant environ deux ans, puis l’a offerte à Ram Rod en 1973.

WOLF : Un aigle est gravé sur sa tête. Ce logo est choisi par le luthier Doug Irwin qui a travaillé dessus. Elle porte également sous son chevalet le modèle d’un autocollant que Jerry Garcia a collé. C’est un dessin de loup façon cartoon qui donne son nom à la guitare. Puis Irwin l’a ensuite incrusté dans le corps.

Wolf est faite de purpleheart et d’érable frisé avec une touche en ébène et vingt-quatre frettes.

Wolf accompagne Garcia pendant ses concerts jusqu’en 1993.

TIGER : Lorsque Jerry demande à Doug Irwin, immédiatement après avoir reçu Wolf, de fabriquer une autre guitare, il lui dit: «Ne vous retenez pas». On lui dit de faire ce qu’il pense être le mieux et de ne pas s’inquiéter du coût. Six ans plus tard, Tiger monte sur scène et devient sa guitare la plus jouée. Nommée Tiger après l’incrustation d’un tigre juste en dessous du cordier, le corps comporte plusieurs couches de bois stratifiées ensemble face à face dans une configuration appelée «sandwich hippie». La combinaison de bois lourds (cocobolo, vermillon, érable), plus la reliure et les mécaniques en laiton massif ont donné cet instrument.

Jerry aime Tiger pour la richesse des sons avec lesquels elle lui permet de jouer. Dans une interview, il déclare : « [Il y a] comme douze voix possibles discrètes qui sont toutes assez différentes… Cela me donne beaucoup de vocabulaire de tons fondamentalement différents. Et ce n’est que l’électronique; le reste est tactile. Je travaille principalement sur le micro central… et je peux obtenir presque tous les sons que je veux. »

ROSEBUD : C’est le chef-d’œuvre d’Irwin. Livrée à la fin de 1989, elle comporte des commandes Midi intégrées. Tout ce qu’il a appris sur les guitares est allé dans Rosebud. Elle est nommée ainsi pour le squelette dansant incrusté sur la plaque de couverture. Irwin l’appelle «Le Saint», mais Jerry la surnomme «Rosebud» – peut-être comme un clin d’œil au Citizen Kane, d’Orson Welles.

C’est presque la jumelle de Tiger en moins lourde. Grâce au corps en érable (où se trouve une cavité qui abrite une interface de synthétiseur de guitare Roland GK-2) évidé, Rosebud est immédiatement devenue la guitare principale de Jerry pour tous les concerts sauf avec le Jerry Garcia Band.

Rosebud dispose de trois humbuckers à bobine double DiMarzio Super II. Tout le matériel est fabriqué à la main en laiton par Irwin, y compris le cordier, la plaque de commutation, l’assemblage de la plaque de ramassage et les plaques de montage de la prise. Le GK-2 s’accouple avec une unité de montage en rack de synthétiseur GR-50. Ceci est contrôlé par des pièces en interaction. Les changements d’incrémentation / décrémentation du volume Midi et du patch de synthé (qui sont les mini-commutateurs d’action momentanée rouges sur la guitare) ont été générés de manière pratique par l’électronique du contrôleur GK-2. L’un des commutateurs était destiné à l’incrémentation «à distance» des numéros de patch du (des) synthétiseur (s), l’autre à la décrémentation vers un patch différent.
En 1995, alors que Lightning Bolt était en cours de modification, Rosebud sort de sa retraite pour le Summer Tour.

 

LIGHTNING BOLT : Après avoir passé des années à construire des intérieurs personnalisés pour des yachts des Caraïbes, Stephen Cripe décide de s’essayer à la fabrication de guitares. Il a étudié la vidéo « Dead Ahead » jusqu’à ce qu’il l’épuise, et reproduit la Tiger d’Irwin – avec quelques modifications qui lui sont propres. En 1993, il envoit la guitare complète aux bureaux de Grateful Dead. Jerry dit rapidement : « la guitare que j’attendais toujours » et commence à en jouer exclusivement.
Construite totalement au toucher, la guitare suscite l’intérêt de Jerry pour la préservation des forêts tropicales, en utilisant du bois de rose recyclé récolté à l’origine au Brésil. Cripe a construit le manche avec une précision inhabituelle dans le haut de gamme, ce qui permet à Jerry de jouer là où il évitait auparavant. Pour le corps, Cripe a réutilisé du bois de rose des Indes orientales prélevé sur un lit autrefois utilisé par les fumeurs d’opium en Asie. Elle est appelée « Lightning Bolt » en raison de l’incrustation conçue par Cripe.

TOP HAT : Jerry rencontre brièvement Stephen Cripe dans les coulisses d’un concert en Floride en 1994 et lui demande de créer une copie de sauvegarde de Lightning Bolt. Cripe est flatté mais pas préparé puisqu’il n’a ni mesuré ni photographié l’originale. Jerry lui dit: « Fais-le. Si je n’aime pas ça, je vais le renvoyer. » La guitare qu’il a finalement construite est connue sous le nom de Top Hat. Elle se compose d’un noyau en noyer avec les dessus et dos en cocobolo laminé, le manche en érable et palissandre, la tête laminée, les frettes avec incrustations en ivoire recyclé et des mécaniques Schaller noires. L’incrustation est faite de défense de phacochère.
Quand il a envoyé Top Hat, Cripe dit au personnel de Jerry de lui payer ce qu’ils pense que cela vaut et reçoit un chèque de 6 500 $. Bien que Jerry ne l’ait presque jamais jouée, il était extrêmement satisfait du produit final.

Le son en vidéos de JERRY GARCIA, le Captain Trips des Grateful Dead

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